Un soir d'hiver 1971, les Anglais de Deep Purple enregistrent un tube contenant un haïku sonore devenu culte. "Smoke on the Water" est à l'affiche de "Tubes & Co" ce vendredi.

Les flics ont débarqué parce que les voisins les ont appelés pour tapage nocturne. C’est vrai qu’il était minuit passé. Nous sommes à Genève, une nuit de décembre 1971. Des Anglais sont retranchés dans un théâtre pour enregistrer ceci :

La puissance de "Smoke on the water", c’est comme le pompompompom de la Cinquième Symphonie de Beethoven. Cette guitare de Ritchie Blackmore, est aussi devenue un haïku sonore, que tout le monde connaît.

Les flics frappent donc à la porte. Les roadies de Deep Purple les empêchent d’entrer, le temps que Roger Glover pose sa basse/marteau piqueur. Dans le déroulé des opérations, la frappe de Ian Paice avait déjà fait son entrée. À suivre, l’orgue de Jon Lord. Et la voix de Ian Gillian. Vérification des effectifs : un, deux, trois, quatre, cinq. Ils sont présents, ils sont tous là. 

Nous sommes fin 1971 et ça fait une paire d’années qu’une bande de chevelus creuse la tombe de l’utopie hippie, qui promettait un nouveau monde, de Peace et de Love. Paix et amour ? Macache. En Juin 1972, la photo d’une fillette vietnamienne qui fuit son village attaqué au napalm, fait le tour du monde. L’époque n’est donc plus aux fleurs dans les cheveux et à la guitare sèche. Et en musique, la lucidité nous vient d’Angleterre. Ils s’appellent Led Zeppelin, Black Sabbath, Deep Purple. Ils dégainent des guitares comme on avance sabre au clair.

Sauf que ce déluge électrique sus-cité, vient du calme… Et de la volupté :

En effet, Deep Purple a reconnu par la suite que ce riff de guitare était largement inspiré d’un morceau de bossa nova, chantée par Astrud Gilberto en 1966. Quoiqu’il en soit, Deep Purple est l’un des accoucheurs du hard rock et Ian Gillian, le chanteur, apporte sa pierre à une esthétique vocale, largement pompée depuis.

Après ça, Richie Blackmore bat le rappel des troupes pour le refrain, avec une guitare qui sonne comme un ding dong de cloche. Dans son livre intitulé Deep Purple, Rhapsody in rock, Jean-Sylvain Cabot explique que contrairement à leurs collègues de Led Zeppelin, Deep Purple ne chiadait pas le boulot en studio. L’enregistrement de leurs disques servait surtout à renouveler leur répertoire scénique.

Pour la petite histoire, le texte de "Smoke on The Water" raconte l’incendie qui a réduit en cendres le casino de Montreux, après qu’un couillon ait tiré un coup de feu avec un pistolet de détresse pendant un concert de Franck Zappa and the Mothers of Invention.

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En 1971, les 'Deep Purple' enregistrent "Smoke on the Water" © Getty / Ron Howard
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