Le tube du jour est une chanson que Bruce a commencée et que Patti Smith a terminée. À la maquette enregistrée par Springsteen lors des sessions de "Darkness on the Edge of Town", Patti ajoute une bonne dose de sensualité et d'érotisme et parfait ainsi "Because the Night".

Patti Smith et son The Patti Smith Group pendant le Dr Pepper Music Festival en 1978
Patti Smith et son The Patti Smith Group pendant le Dr Pepper Music Festival en 1978 © Getty / Richard E. Aaron/Redferns

Au tout début, "Because The Night" s’annonce comme une berceuse... Mais une berceuse pour adultes, avec ce premier vers que Patti Smith a écrit et qui demande :

Prends-moi maintenant, chéri, telle que je suis.

Enfant, on peut chanter et crier les paroles du refrain de "Because The Night", « parce que la nuit », sans savoir pourquoi. Car il faut quelques années pour entrer dans l’abri que chante Patti Smith. Un abri sous les draps, peau contre peau, quand rien ne peut vous arriver, si ce n’est le meilleur. Bruce Springsteen a composé la musique et trouvé ces mots du refrain

Parce que la nuit appartient aux amants. Parce que la nuit appartient au désir. Parce que la nuit nous appartient.

Mais Springsteen ne retient pas la chanson pour Darkness on the Edge of Town, l’album qu’il est en train d’enregistrer. Son ingénieur du son de l’époque s’appelle Jimmy Iovine. Il travaille en même temps en tant que producteur sur le nouveau disque de Patti Smith. C’est lui qui va faire le lien entre les deux artistes. Iovine donne la maquette de la chanson de Bruce à Patti. Elle est enregistrée sur cassette. Patti la glisse dans son magnétophone, pour entendre : du souffle, un piano, et Bruce qui chante en yaourt et fait « Hin hin hin » lorsque les paroles manquent encore. On apprend pourquoi Bruce Springsteen n’a pas terminé cette chanson pour l’interpréter lui-même dans Bruce Springsteen - The Promise : the Making Of Darkness on the Edge of Town, le documentaire qui raconte la conception dudit album (et que l'on trouve dans le très beau coffret The Promise, paru en 2010). Springsteen y explique qu’à l’époque, il pensait être incapable d’écrire une chanson d’amour. Et il ajoute :

J’étais trop lâche pour l’écrire à ce moment-là. Mais elle, elle a eu ce courage !

Parmi les quelques paroles que Springsteen avaient écrites dans les premières versions, il était question d’un gars qui avait bossé toute la sainte journée sous un soleil de plomb. Du Bruce tout craché, en somme. Pas de boulot ni de soleil chez Patti, mais du désir à l’état brut. En résumé, Bruce a allumé un feu... et Patti fut la vestale qui l’attisa. « Touche-moi, maintenant ! ». Elle le chante comme on jette un sort.

La suite à écouter... 

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