À l'occasion de la diffusion sur Arte du documentaire de Clélia Cohen 'Jane Birkin, simple icône' et de la récente parution aux éditions Fayard de 'Munkey diaries, volume 2 : Post-scriptum (1982-2013)', le journal intime de Jane Birkin, Pop N' Co rappelle en quatre minutes pourquoi Jane est indispensable.

On a tou·te·s des images de Jane Birkin en tête. Le montage du documentaire de Clélia Cohen Jane Birkin, simple icône, diffusé sur Arte le 1er novembre 2019 et disponible en visionnage à la demande sur le site et l'application de la chaîne jusqu'au 30 novembre, souligne ses gestes : sa façon de rabattre ses cheveux en arrière, son visage en gros plan et les mouvements des ses sourcils quand elle parle, comme si elle s’étonnait de ce qu’elle raconte. Bien sûr, également, il y a ses chansons qui dessinent son portrait.

Le film est écrit par Clélia Cohen et monté par Joséphine Petit. Le parti pris est celui des archives. Il n'y a donc pas d’interviews d’amis ou de commentateurs d’aujourd’hui. Juste elle, Jane Birkin, au fil du temps, et une constante : son absence totale d’arrogance qui la distingue des autres vedettes. On y retrouve son autodérision, comme face à un journaliste qui l’interroge sur ses photos dénudées, pour le magazine Lui.

Ce documentaire ne fait pas que recomposer les étapes d’une vie. Il éclaire, par exemple, le succès en France d’une jeune Anglaise. Dans les années 1960, l’épicentre de la culture occidentale n’est pas Paris, mais Londres. Jane Birkin a su incarner le fantasme que nous avions du Swinging London. Pour nous. Et pour Gainsbourg.

Le film de Clélia Cohen évite le cliché éculé de la muse. Les hommes qu’elle a aimés sont là, mais c’est elle qui est au centre. C’est l’histoire d’une femme qui quitte le foyer conjugal d'avec le compositeur John Barry parce qu’elle en a ras le bol de jouer les épouses modèles. De la relation Gainsbourg-Birkin, Clélia Cohen dit : 

Gainsbourg est finalement autant sa créature qu’elle est la sienne.

C’est elle qui définit sa silhouette de mal rasé avec bijoux, veste à fines rayures et chaussures Repetto blanches. En 1987, à l’ère des yeux fardés et des vestes à épaulettes, elle invente une figure féminine sans apprêts. Pour interpréter les chansons de Gainsbourg sur la scène du Bataclan, elle apparaît, cheveux courts, en débardeur blanc, pantalon large et visage nu. 

En même temps que la diffusion du film de Clélia Cohen, paraît Post-scriptum (1982-2013) le deuxième volume de Munkey Diaries, le journal de Jane Birkin. Le livre couvre précisément cette période où elle se réinvente encore sans Gainsbourg, et avec lui. À la date du 17 juillet 1989, neuf ans après leur rupture, est reproduite une lettre qu’elle lui adresse :

Sergio, arrêtons les bagarres, veux-tu ? Je voulais être vue pour moi-même, même si je n’étais rien. Je ne me suis jamais attendue à ce que tu t'intéresses à moi, si tu n'étais pas directement responsable. Cela ne me blesse plus. Il y a des admirations à sens unique.

L’une des plus belles séquences du film la montre sur la scène du Théâtre du Châtelet, en 2004, pour le chanter, avec "La Javanaise".

  • Légende du visuel principal: 'Post-scriptum (1982-2013)', le second volume de "Munkey diaries", journal intime de Jane Birkin, a paru en octobre 2019 aux éditions Fayard © Getty / Laurent Maous / Gamma-Rapho
L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.