Presque trois ans après 'L'Angle vivant', un album déjà délicieux, le trio Superbravo est de retour avec 'Sentinelle'. Porté par son premier single "Il n'y a plus foule", sorti en novembre dernier, c'est un disque qui fait du bien, dans le creux de cet hiver morose. Superbravo a signé sur le label Fraca!!!.

Réalisé par Katel, 'Sentinelle', le nouvel album de Superbravo, a paru sur le label Fraca!!!
Réalisé par Katel, 'Sentinelle', le nouvel album de Superbravo, a paru sur le label Fraca!!! © Muriel Thibault

Le disque s’intitule _Sentinelle_et les chansons répondent à la promesse de ce titre : elles guettent l’état du monde. Et comme vous savez, le monde ne va pas fort. (Il est fort probable que cette chronique soit incapable de vous remonter le moral dès 7 heures du matin.) Mais heureusement il y a ces chansons : des morceaux qui ont l’air d’être guidés par cette devise : « Restons lucides, certes. Mais gardons l’allégresse pour ligne de conduite. »

De nombreuses chansons se sont déjà saisies du thème du réchauffement climatique et de la planète mal en point. Un thème qui commence à être rebattu, bien que nécessaire. Mais le titre "Il n'y a plus foule" est l’un des plus justes et joyeux sur le sujet. On ne chope pas le texte tout de suite, derrière le rythme, la guitare, qui donne envie d’onduler d’abord. Et pourtant, les paroles sont brillantes :

Sûr qu’on aurait pu, qu’on aurait dû, qu’on a eu tort, qu’on aurait voulu.

Quoi de mieux pour évoquer le regret de notre inaction coupable. Et pour faire le point sur la situation météo, la poésie de Superbravo écrit : « le vent tourne de l’œil. »

Qui est Superbravo ?

Deux femmes et un homme qui ont déjà eu une vie avec d’autres musiciens. Il y a Armelle Pioline qui fit sa route avec le groupe Holden. Michel Peteau et le trio Cheval Fou. Julie Gasnier et le duo Lala Factory. Ces trois-là ont uni leur expérience pour se réinventer en Superbravo, qui n’est pas le nom d’un super-héros mais celui d’un orgue Farfisa, qu’on trouve aujourd'hui pour 50 euros à l’argus. Des sons modestes revendiqués déroulent des ritournelles de comptines. Les rythmes sont souvent devant pour l’élan, avec des guitares rock frondeuses. Et pour que l’affiche soit complète, il convient de mentionner Katel, nom d’artiste de la réalisatrice de ce disque.

Les voix limpides et juvéniles sont celles de Julie Gasnier et d’Armelle Pioline. On ne les confond pas mais l’une et l’autre refusent la grandiloquence. Elles ont l’air de chanter comme on parle, sauf qu’elles ajoutent une mélodie. Elles ont l’air de chanter comme on fredonne le nez au vent.

À quoi se raccrocher quand gagnent le désespoir et la panique sur fond de rengaines des sirènes de police, dont parle cette chanson ?

Il reste une fille qui joue de la guitare et, grâce à elle, le cœur qui repart.

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