'Liberté, Égalité, Phoenix !' Ce titre provocateur est celui d'un ouvrage (en anglais) qui célèbre les 20 ans de carrière du groupe français Phoenix et les 10 ans de leur album mythique 'Wolfgang Amadeus Phoenix'. C'est sur ce disque que l'on trouve le tube à l'honneur ce vendredi dans Tubes N' Co : "Lisztomania".

C’était en 2010. La scène se passe au Staples Center de Los Angeles. On énonce les nommés dans la catégorie Album de musique alternative aux Grammy Awards, cérémonie qui consacre donc les meilleur·e·s artistes de l’année.

And the Grammy goes to... Wolfgang Amadeus Phoenix. Phoenix !

Du fond de la salle, encore plongée dans le noir, émergent quatre garçons, qui courent vers la scène. Phoenix, c'est le nom du groupe.

C'était la première fois que des Français étaient consacrés de l’autre côté de l’Atlantique avec une récompense comme celle-ci. En cette année 2010, la conquête américaine de Phoenix compte d’autres trophées, dont un concert au Madison Square Garden. Une salle que l'on associait jusque-là plutôt à Piaf ou à Aznavour. La France avait fantasmé les États-Unis, avec les yéyés et leurs mots américains dans des adaptations françaises. Pas de ça ici. Phoenix opte pour l’anglais et fait entrer la pop hexagonale dans le futur mondial en parlant... de l’engouement pour Franz Liszt, pianiste hongrois du XIXème siècle

Juste avant cela, les quatre membres de Phoenix avaient déjà trois albums derrière eux et plus de maison de disques. Ils ont donc créé leur propre label et financé l’enregistrement de l’album Wolfgang Amadeus Phoenix, qui s’ouvre sur le titre mis à l'honneur dans cette chronique : "Lisztomania".

La version finale du morceau sera le résultat d’un collage de trouvailles sonores. Philippe Zdar va participer à leur mise en scène. Philippe Zdar, cinquième membre officieux du groupe pour ce disque, coproduit les titres dans son studio Motorbass, au pied de Montmartre. L’écriture a commencé par le refrain et, si l'on se balade dans quelques-unes des pistes du morceau, on trouve :

  • une mélodie au piano, qui fait penser à de la musique répétitive ;
  • une basse ;
  • des strates de guitares ;
  • un rythme qui fait partir le morceau à l’assaut (un moment que le groupe appelle « à l’abordage ») ;
  • la voix de Thomas Mars ;
  • une guitare en fusion qui attise encore les braises.

Et, selon la formule favorite de Rebecca Manzoni :

Roule Pedro !

►►► À ÉCOUTER DANS LA CHRONIQUE : une exploration des pistes de "Lisztomania" isolées avant mixage

La puissance du morceau et son succès mondial ont balayé les critiques selon lesquelles Phoenix ne sonnait « pas assez électro », parce que liés à la French Touch ou, à l'inverse « pas assez rock », quand d’autres encore les réduisaient à leurs origines de Versaillais bien nés. Le morceau fit décoller dans la stratosphère la carrière du groupe. Il y a 10 ans,"Lisztomania" fut à la fois l’élégance et une foule qui s’oublie les bras levés.

Pour aller plus loin

Le livre Liberté, Égalité, Phoenix ! a paru (en anglais) aux éditions Rizzoli New York.

Écoutez | Tubes & Co - Hommage à Philippe Zdar, père de l'électro à la française

  • Légende du visuel principal: Deck D'Arcy, Thomas Mars, Laurent Brancowitz et Christian Mazzalai forment le groupe de rock alternatif Phoenix, auquel on doit, en 2009, le tube "Lisztomania" © Getty / Andy Short / Future Music Magazine / Future
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