Avec 'Shlon', son nouvel et quatrième album, le Syrien Omar Souleyman place le thème de l'amour au cœur d'une transe électro taillée pour la nuit, les hanches et la mélancolie. Quelques jours avant les quelques dates françaises de sa tournée européenne, Omar Souleyman et 'Shlon' sont dans Pop N' Co.

Omar Souleyman nous dit à l’oreille qu’il faut ouvrir les yeux. Dans "Shlon", le morceau qui donne son titre à ce nouvel album, il chante : 

Regardez ma femme. Regardez-la. La coulée de ses cheveux. Ses sourcils aiguisés comme des épées. Un seul baiser sur ses lèvres en vaut dix millions d’autres.

Omar Souleyman a commencé comme chanteur dans des fêtes de mariage et enregistré, pour l'occasion, des centaines et des centaines de cassettes. C’est en achetant une de ses cassettes sur un marché, au nord-est de la Syrie, que les fondateurs du label américain Sublime Frequencies ont découvert Omar Souleyman. C'était en 2012. Après les attentats du 11 septembre 2001, l’ambition de ce label de Seattle était de proposer une autre vision du monde, en musique : faire entendre du rock irakien, de la pop du sud-est asiatique ou le chaâbi techno du Syrien Omar Souleyman.

Depuis, Omar Souleyman a publié trois albums, attiré les louanges de stars internationales comme Björk ou Damon Albarn avec son mélange de synthés, de boîtes à rythmes et de dabke, une danse traditionnelle syrienne. Une bande-son azimutée pour la nuit, les hanches et la mélancolie. Parce que, si la formule d’Omar Souleyman reste inchangée depuis son premier album en 2013, là où il vivait, tout a été détruit. Depuis la guerre en Syrie, il s’est installé en Turquie et ses chansons se chargent d’un autre sens.

Ses textes disent l’amour pour une femme qui est tout près et pourtant inaccessible. Cette femme qu’il dit souvent être « la lune de ses nuits », ça pourrait être son pays.

Les morceaux de Shlon, ce nouvel album, durent jusqu’à sept minutes, le temps de la montée de la transe. Sur scène, Omar Souleyman porte keffieh rouge, lunettes noires et il cale son micro sous l’aisselle pour taper dans les mains. En studio, malgré le beat métronomique sur la plupart des titres, les chansons ont l’air d’avoir été enregistrées à l’arraché, avec des improvisations instrumentales qui répondent à sa voix. Azad Salih est au saz, Hasan Halo aux arrangements et aux claviers.

  • Légende du visuel principal: 'Shlon', le nouvel album d'Omar Souleyman, a paru sur les labels Mad Decent et Because Music © Robin Aron
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