Figure montante de la soul anglaise d'aujourd'hui, Michael Kiwanuka publie KIWANUKA, son nouvel album. En plus de permettre de revendiquer son patronyme avec fierté, ce disque est l'occasion pour le chanteur d'origine ougandaise de rendre hommage aux figures de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis.

Dans les premières secondes de "You Ain't The Problem", le morceau qui ouvre cette chronique ainsi que KIWANUKA, le nouvel album de Michael Kiwanuka, au milieu du bruit d'une foule, le groupe qui accompagne Michael Kiwanuka donne d’abord l’illusion d’improviser. De faire un bœuf, comme on dit. Puis, un autre motif entre dans la danse : c’est modeste, presque discret, mais ça commence à vous harponner. Finalement, la vraie nature du morceau, comme du disque se dessine : ce sera excentrique et dansant. Tranchant et sophistiqué. À plus d’une minute du début du morceau, nous y sommes ! On peut raisonnablement dire que la dramaturgie de la chanson a pris le temps de s’installer. 

Deux hommes ont ciselé la progression des morceaux, comme des scénarios. Il s'agit de Danger Mouse et Inflo. Ce sont eux qui mettent en scène la soul psychédélique de Michael Kiwanuka dans ce troisième album qui réussit à rassembler des tubes en puissance et totalement hors format

Michael Kiwanuka a 32 ans. Il a grandi à Londres, fils d’un couple d’Ougandais·e·s qui a fui le régime d’Amin Dada. Dans l’un des morceaux de Love & Hate, son album précédent, il chantait :

Je suis un homme noir dans un monde blanc.

Ce nouveau disque porte simplement son nom, KIWANUKA, comme une proclamation. Un titre qui fait écho au souvenir de son premier contact avec une maison de disques, au début des années 2010, où on lui a demandé : « Comment vas-tu t’appeler ? » Parce que Kiwanuka ne serait pas un nom assez vendeur et difficile à prononcer.

Il relie son parcours en Angleterre à l’histoire de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Dans la chanson "Hero", il rend hommage à ses héros, comme Fred Hampton, leader des Black Panthers, assassiné en 1969, à l'âge de 21 ans.

Michael Kiwanuka porte un discours politique sans rage ni apitoiement. Au milieu des arrangements baroques et flamboyants de son disque, son chant est un contrepoint. Sa voix est à l’image de l’homme qui était sur la scène du Studio 104 de la Maison de la Radio, pour un concert "Triple Affiche", avec Stephan Eicher et Patrick Watson, le 22 octobre 2019 : une force calme et réconfortante.

  • Légende du visuel principal: 'KIWANUKA', troisième album de Michael Kiwanuka, a paru le 1er novembre 2019 © Olivia Rose
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