Avec son septième album, 'Heavy Light', publié sous le pseudonyme de U.S. Girls, Meghan Remy fait sororité pour brosser une critique acerbe de la société américaine. Il en ressort un disque féministe, pop, engagé et lumineux, qui ravira même celles et ceux qui l'entendront au café sans savoir de quoi il parle.

Lundi 9 mars 2020, c’était un jour noir pour les bourses du monde entier, symptôme d’une panique liée à un virus qui menace aussi l’économie. Quelques jours plus tôt, vendredi 6 mars 2020, c’était le jour de sortie de Heavy Light, un disque qui commence, au contraire, sous le soleil, dans l’insouciance. Un exemple avec la chanson intitulée "4 American Dollars" : ne basse moelleuse y fait la courte échelle à une voix qui chante l’absurdité du capitalisme et l’obscénité de la finance.

Derrière ce nom de groupe au pluriel, U.S. Girls, il y a une seule femme, américaine, qui est aujourd’hui installée à Toronto et qui s’appelle Meghan Remy. Meg Remy est entrée en musique en écoutant des groupes punks féministes américains des années 1990, issus du mouvement riot grrrl, comme Bikini Kill. Cela fait 10 ans que Meg Remy publie des disques et cela fait 10 ans qu’elle ne lâche rien de son engagement d’autrice : chanter l’envers du rêve américain. Elle le fait, de plus en plus, avec la séduction de la pop. Au site Brain Magazine, elle raconte :

J'entends mes anciennes chansons diffusées dans des magasins de chaussures ou au Starbucks, et je me demande si les gens savent vraiment de quoi ça parle. Les gens écoutent mes chansons en sirotant le café, d'accord !

D’ailleurs quand on entend le morceau "State House (It's a Man's World)", on pense à "Be My Baby" des Ronettes, titre dans lequel Ronnie Spector chanterait : « La nuit de notre rencontre, j’ai su que j’avais besoin de toi. » Avec ces codes des groupes de filles des années 1960, U.S. Girls met en scène une chorale féminine pour une déclaration toute autre. Elle pointe un monde d’hommes auquel les femmes doivent se plier.

Si, de nos jours, le féminisme peut devenir un argument marketing dans la pop ou ailleurs, U.S. Girls s’étonne qu’on n’aborde ce sujet avec elle que récemment, alors qu’il infuse tous ces disques. Heavy Light est le septième album de Meg Remy. Il a paru sur le label 4AD.

Elle fait le lien entre les grandes figures féminines américaines : Debbie Harry, Patti Smith, Donna Summer. Avec des chœurs et un orchestre de percussions, U.S. Girls arpente les territoires de la soul, la disco, la comédie musicale et les musiques latines. L’activisme de U.S. Girls prendra bientôt la forme d’un livre et d’une pièce de théâtre.

  • Légende du visuel principal: 'Heavy Light', nouvel album de U.S. Girls (pseudonyme de Meghan Remy), a paru sur le label 4AD © Jeff Bierk
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