Trois ans après "My Woman", son magnifique troisième album, déjà évoqué dans Pop N' Co, l'Américaine Angel Olsen signe "All Mirrors", un disque magnifique, empreint d'une énigmatique cinégénie. Pour en composer la musique, elle s'est associée à Ben Babbitt, qui travaille en effet également pour le cinéma.

Dans "Shut Up, Kiss Me", l'un des titres de My Woman, son disque précédent, Angel Olsen ordonnait : « Tais-toi. Embrasse-moi. Serre-moi fort ! » Les onze chansons de All Mirrors, son nouvel album, changent de ton. Radicalement. Avec les codes romantiques d’un slow des années 1960, elle est à la fois une femme au cœur brisé et inquiétante.

Angel Olsen est une Américaine du Missouri, elle a 32 ans. Elle a débuté avec des chansons folk minimales : sa voix, simplement accompagnée d’une guitare. Elle a commencé l’écriture de ce disque avec le même dispositif jusqu’à ce que les morceaux deviennent de plus en plus vastes et luxuriants. Chaque titre, dans sa version finale, fait penser au grand écran dans une version cinémascope. Angel Olsen y évoque des histoires d’amour comme des thrillers, façon Melody Nelson. Elle a écrit la plupart des morceaux avec Ben Babbitt, qui est aussi compositeur de musiques de films.

Tout le disque joue du contraste entre des sons synthétiques et le lyrisme d’un orchestre d’une douzaine de cordes. La voix d’Angel Olsen domine, ou se laisse engloutir dans des passages où elle ne distille que quelques mots. À chaque fois, on entre dans un univers fantastique, avec elle, entourée de fantômes.

Le disque s’intitule All Mirrors, comme autant de facettes d’une grande interprète, à l’aise dans tous les espaces. Angel Olsen serait dans la pièce juste à côté, où elle chante dans un murmure, avec un vibrato serré. Dans la seconde qui suit, elle pousse les murs avec un cri réverbéré.

Angel Olsen n’a qu’une seule date de concert en France : le 8 février 2020, à la Cigale, à Paris.

  • Légende du visuel principal: 'All Mirrors', nouvel album d'Angel Olsen, a paru sur le label Jagjaguwar © DR
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