Pop N' Co s'essaie au biopic en ce lundi et propose un résumé, en quatre minutes, de la carrière de Bob Marley ! Défi impossible à relever ? Rebecca Manzoni dispose d'un formidable outil dans cette mission : un livre excellent signé Francis Dordor et intitulé "Bob Marley - Le Dernier Prophète" (GM éditions).

La première fois que la voix de Bob Marley a été diffusée sur la radio nationale jamaïcaine, ce n’était pas avec du reggae, mais avec du ska et avec ces mots-là :

Je ne suis pas parfait et je ne prétends pas l’être. Mais t’es qui pour me juger ?

Bob Marley enregistre la chanson "Judge Not" en 1962. Il a 17 ans, de l’allégresse et une voix que l’on reconnaît à peine.

Avec son livre Bob Marley - Le Dernier Prophète, Francis Dordor réussit à slalomer, en un peu moins de 300 pages, entre le récit de la vie de Bob Marley, l’analyse de son œuvre et les enjeux géopolitiques qu’elle recouvre. Pour Rebecca Manzoni :

C’est comme si Michka Assayas et Pierre Haski avaient eu un gosse. 

Mais l’accoucheur de Bob Marley, le vrai, porte une dent de requin autour du cou et tient un pétard à la main. Francis Dordor le décrit comme le démiurge de la musique moderne. C’est Lee "Scratch" Perry, producteur de génie.

Lee "Scratch" Perry inspire à Bob Marley une façon de chanter relâchée, moins tendue. Surtout, c’est lui qui l’initie à une musique qui célèbre les racines africaines de la Jamaïque, que le colonisateur s’était chargé d’étouffer. Et c’est ainsi que Bob Marley et les Wailers se convertirent au reggae.

Au début des années 1970, le reggae de Bob Marley et des Wailers a la dimension d’une révolution. Pour l’illustrer, Francis Dordor s’attarde sur le morceau "Trench Town Rock". Trench Town, c’est le nom du ghetto où Bob Marley a grandi. Une origine que la plupart des Jamaïcains s’efforcent de planquer, puisque le ghetto est associé à la misère et à la violence. Avec "Trench Town Rock", Bob Marley revendique le ghetto, il en fait une fierté. Le morceau a le pouvoir de s’adresser à l’esprit, tout en faisant bouger les corps.

L’une des bonnes choses avec la musique, c’est que quand elle te frappe, tu te sens bien.

C’est la première phrase de "Trench Town Rock".

Dans la vie christique de Marley, Francis Dordor détaille la figure des apôtres. Au début des années 1970, c’est le producteur Chris Blackwell qui entre en scène. Francis Dordor écrit :

Chris Blackwell était à la recherche d’un artiste qui comblerait le vide laissé par les morts de Jimi Hendrix et Jim Morrison dans l’imaginaire de la jeunesse.

Bob Marley sera ce « rockeur d’un autre monde ». Blackwell concrétise le mariage du rock occidental et de la musique caribéenne, en glissant les solos de guitare de l’Américain Wayne Perkins, sur des morceaux, parmi lesquels le tube "Stir It Up".

Les chapitres de Bob Marley - Le Dernier Prophète sont rythmés par des photos, des playlists et des pochettes d’albums. L’ensemble redonne chair et sens à une icône, dont on voit le visage sur des pin's et des t-shirts, comme le Che Guevera.

  • Légende du visuel principal: Le livre 'Bob Marley - Le Dernier Prophète' de Francis Dordor paru chez GM éditions © Getty / Charlie Steiner / Hwy 67 Revisited
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