"Gaby oh Gaby" sort en single en 1980, Alain Bashung a 33 ans. Rebecca Manzoni revient sur la genèse d’un gros gros tube qui sauvera le chanteur après quinze années sans vrais succès. Une chanson pleine de bric et de broc et surtout pleine d’un certain culot et de sons qui vont marquer la musique des années 1980.

Séance photo avec Alain Bashung en mars 1990, dix ans après l'immense succès de "Gaby"
Séance photo avec Alain Bashung en mars 1990, dix ans après l'immense succès de "Gaby" © Getty / Frederic SOULOY/Gamma-Rapho

Bonheur d’écoute en découvrant « Gaby » : la première fois, on ne comprenait rien aux paroles. Que des images. Un requin qui rallume une cigarette. Des sirènes. 

J'fais mon footing au milieu des algues et des coraux.  
Et j'fais mes pompes sur les restes d'un vieux cargo

-  T’as vu, il dit « footing » au début.
- Alors que c’est vraiment le dernier type que t’imagines en jogging. 

En 1980, après 15 ans de carrière sans véritable tube, Alain Bashung sait qu’il est à un tournant. Il a 33 ans et s’il ne fait pas un truc qui marche là, maintenant, c’était fini.

La première mouture de Gaby est un blues. Max Amphibie, c’est le titre. On le trouve dans la section rareté des intégrales. Pour le texte, Max Amphibie et Gaby ça commence pareil.

Mais quand Bashung arrive en studio il change tout. Il pose sa voix pour indiquer les moments forts de la chanson et se met à chanter en yaourt.

Et là, « Gaby » en yaourt, c’est un document que vous ne trouverez dans aucune intégrale.

Bashung dit à un moment "Give it", et ce "give it" va inspirer "Gaby" à Boris Bergman le parolier. Plus qu’un prénom, c’est un clin d’œil à l’argot des voyous des années 30. Les gabys, les gabounes, ce sont les homosexuels, bien plus belles que Mauricette dans la chanson.

Si on zoome sur quelques-unes des pistes de Gaby, on retrouve un sax enjôleur. Une guitare et une basse qui caquettent. Et les nouveaux sons synthétiques de la new wave. 

Alain Bashung trouvant qu’il manque un couplet pour conclure la chanson, Boris Bergman écrit rapidement, entre 2 prises, deux lignes. Pour la blague. Mais Bashung, imperturbable, s’amuse à son tout à chanter ce texte avec un sérieux inamovible. 

Alors à quoi ça sert la frite si t'as pas les moules  
Ça sert à quoi l'cochonnet si t'as pas les boules?

(Cette émission est une nouvelle diffusion de celle du 13 mars 2020)

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