Il n'est pas encore six heures au clocher de l'église, la nuit dernière, quand Véronique Bevilacqua, l'épouse du chanteur Christophe, indique à la presse le décès de son mari. Le "Beau bizarre" s'en est allé. Rebecca Manzoni égrène ses souvenirs de lui et raconte cet artiste qui fit tant avancer la chanson française.

Le chanteur Christophe est mort jeudi 16 avril 2020. Il avait commencé sa carrière en 1963 et connu le succès dès 1965 avec un tube, "Aline", qui dépasse le million de disques vendus. (Photo de 1976)
Le chanteur Christophe est mort jeudi 16 avril 2020. Il avait commencé sa carrière en 1963 et connu le succès dès 1965 avec un tube, "Aline", qui dépasse le million de disques vendus. (Photo de 1976) © Getty / Laurent Maous / Gamma-Rapho

Il vivait la nuit, avait aménagé son appartement parisien du boulevard Montparnasse comme la cabine d'un paquebot, rempli de postes de radio, de machines, de claviers et de synthétiseurs, buvait son champagne avec des glaçons, avait posé pour des romans-photos et connaissait sur le bout des doigts la filmographie de Visconti.

Dernier représentant d'une variété française fantasque et sans calculs, Christophe, le « Beau bizarre », nous a quitté·e·s. La chanson française perd l'un de ses plus grands représentants. Capable à la fois, pour citer Alain Bashung, un autre illustre disparu, d'avancer le long des grands axes et d'explorer les contre-allées, il a su se réinventer avec audace et créativité plusieurs fois au fil de ses 57 ans de carrière. S'aventurant toujours plus loin dans une recherche sonore aussi précise qu'instinctive, il symbolisait l'équilibre absolu entre le kitsch et le grandiose, avec des tubes exigeants et populaires comme "Aline", "Les Mots bleus" ou encore "Les Marionnettes".

Christophe, comme ses albums, sont des mondes qui se télescopent. Des mondes que l'on pense irréconciliables, jusqu'à ce qu'on ait la chance de le rencontrer ou, plus simplement, de  l'écouter. 

Le choix musical de Rebecca Manzoni

Pour ce Pop N' Co qui lui rend hommage, Rebecca Manzoni a choisi une chanson méconnue de Christophe. Elle s'intitule "Ces petits luxes", figure sur le magnifique album Comm'si la terre penchait et commence par ces mots-là :

Ces petits luxes providentiels              
N'ont plus le goût de nos amours bien chambrées.

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