Elle s'appelle Sampa Tembo, mais se fait appeler, sans fausse modestie, Sampa the Great. Elle est née en Zambie en 1993 et vit désormais en Australie. Elle publie son premier album 'The Return' en septembre 2019 sur le label Ninja Tune et celui-ci est à l'affiche de Pop N' Co ce mardi matin.

Rien qu'avec quelques notes issues de sa chanson "Final Form", on peut tenter d'imaginer son allure : altière. Et sa foulée ample. Sampa the Great est poétesse, musicienne, chanteuse et s’est mise au rap autant par goût que par défi. Elle explique : 

À force de m’entendre dire que je n’arriverai pas à rapper, j’ai voulu prouver le contraire.

Nom : Tembo. Prénom : Sampa. « Black Power » scande le refrain de "Final Form", tandis qu’elle rappe : 

J’ai trouvé ma forme finale, mon accomplissement, dans ma mélanine.

Sampa Tembo, dite Sampa the Great, signe la bande-son d’un nouveau panafricanisme, à l’image de sa vie et de ses exils. Elle est née en Zambie. Elle a grandi au Botswana, étudié en Californie, avant de se lancer dans le jazz et le hip-hop en Australie. Une seule femme et trois continents. Trois continents qu’elle fait résonner ensemble sur un même disque. Elle y mélange anglais et langue bantoue, musique soul des années 1970, rythmes d’Afrique australe et hip-hop.

Vu le nombre des artistes invité·e·s, le disque, intitulé The Return, a des allures de collectif. Il présente toute une scène australienne que l’on connaît peu en France : la chanteuse Thando ou le rappeur Krown. L’un des morceaux clame que « l’industrie du disque brise les rêves des artistes noirs ». Selon Sampa, cette époque est finie, et le compte à rebours lancé.

Sampa the Great a longtemps caché son activité de musicienne à sa famille pour n’inquiéter personne. Ce premier album raconte les moments où elle trébuche, ceux où elle s’est relevée. C’est la bande-originale du combat qu’elle a mené pour s’affirmer comme femme, musicienne, noire. C’est aussi le plaisir apaisé d’avoir trouvé sa place : c’est-à-dire partout dans le monde, en sachant d’où elle vient. Son disque s’ouvre par la chanson "Mwana", avec sa langue maternelle, le bemba.

Sampa the Great est en concert au Point Éphémère, à Paris, le 21 novembre 2019.

  • Légende du visuel principal: 'The Return', premier album de Sampa the Great, a paru sur le label Ninja Tune © Barun Chatterjee
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