Le duo Claude Sautet - Philippe Sarde est à l’affiche de "Pop N co". En 69, Claude Sautet a 45 ans et il se dit que le cinéma, c’est fini pour lui. Son dernier film est un échec. En 69, Philippe Sarde a 20 ans et il se dit que le cinéma est fait pour lui.

Michel Piccoli et Romy Schneider dans "Les choses de la vie", un film de Claude Sautet (1969) dont Philippe Sarde signa la bande originale
Michel Piccoli et Romy Schneider dans "Les choses de la vie", un film de Claude Sautet (1969) dont Philippe Sarde signa la bande originale © Getty / eystone-France / Gamma-Keystone

Ces deux - là vont vivre 30 ans d’amitié et de collaboration : 11 films ensemble avec Sautet à la caméra et Philippe Sarde à la musique.

A l’époque Philippe Sarde vit encore chez ses parents. La première fois qu’il reçoit Sautet, c’est chez eux. Et il l’accueille en pyjama. Or qu’a-t-il fait jusque - là ? Deux chansons pour Régine. Pas de quoi rouler des mécaniques. A fortiori en pyjama. Mais Claude Sautet croit en ce jeune-homme. 

Leur premier film ensemble, ce sera Les choses de la vie.

Les Choses de la vie, c’est la naissance de Sautet comme auteur et celle du jeune Philippe Sarde comme compositeur majeur de musique de films pour Polanski ou Téchiné plus tard.

Les choses de la vie est aussi le seul et unique film de Sautet qui a donné une chanson  avec des paroles signées Jean-Loup Dabadie. La chanson d'Hélène ouvre un disque intitulé Le cinéma de Claude Sautet, qui réunit les musiques que Philippe Sarde a composées pour lui. Elle ne figure pas dans le film.

Sautet n’aimait pas La Chanson d’Hélène. Trop variété. Trop vulgaire. Lui, est amateur de jazz. Il fut critique musical pour le journal Combat. C’est lui, qui a sifflé ce thème de Max et Les ferrailleurs. 

Sautet inspirait des mélodies. Assistait aux enregistrements. Son ambition, je cite, était de :

faire des films pour en arriver à la musique

La musique lui permettait de dessiner ses personnages selon le principe : « Dis-moi ce que tu écoutes. Je te dirai qui tu es. »

Dans César et Rosalie, Yves Montand, c’est Bach : baroque, fugue et grands gestes. Son rival, c’est Samy Frey. Plus sombre, plus secret, il est associé au jazz.

Tout est musique chez Sautet : montage, rythme des plans, dialogues.

►►► La suite de cette rediffusion du 10 décembre 2014 à écouter.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.