À l'occasion de la parution de l'ouvrage d'Ann Powers 'Good Booty - Corps et âme, Noirs et Blancs : amour et sexe dans la musique américaine', Pop N' Co choisit trois époques et trois chansons gorgées d'hormones qui traduisent l'évolution de la sexualité aux États-Unis. Voyage dans le temps du doo-wop à Beyoncé.

Dans son livre Good Booty - Corps et âme, Noirs et Blancs : amour et sexe dans la musique américaine, récemment paru en France aux éditions du Castor Astral (traduction de Rémi Boiteux), Ann Powers, journaliste américaine écrit :

Nous sommes devenus des êtres sexuels en passant des disques.

En 400 pages denses et inépuisables, Ann Powers raconte la façon dont la musique populaire anglo-saxonne offre une forme à nos désirs, à nos montées d’hormones.

Le livre embrasse l’Histoire de l’Amérique du XIXème siècle à nos jours. Des centaines de morceaux analysés. Voici donc un très bref aperçu avec une sélection de trois titres, qui donnent la température… de trois époques.

Commençons arbitrairement avec les années 1950 et le doo-wop, qui utilise des onomatopées au milieu des mots pour mettre en son les pulsions adolescentes. En 1954, le groupe afro-américain The Chords chante "Sh-Boom". Le picotement au creux des reins, planqué derrière la joliesse des harmonies vocales.

Ann Powers écrit que jusqu’à la fin des années 1960, les sons érotiques n’ont que la musique pour se faire entendre au grand jour. En première ligne : les hoquets d’Elvis ou les couinements des Beatles.

Mais, avec la libération sexuelle, le sexe est dans tous les arts populaires, dont le cinéma. En 1972, Gorge Profonde sort sur grand écran et banalise la pornographie. Ann Powers insiste moins sur les images que sur le son de Gorge Profonde. Selon elle, le son du porno est contemporain d’une esthétique musicale du même genre. En majesté, il y a Led Zeppelin et les ébats de Robert Plant, qu’Ann Powers qualifie de surhomme du sexe.

Aujourd’hui, la pornographie est à portée de clic. Et, selon Ann Powers, l’icône qui incarne le mieux les désirs de notre époque est une femme. Elle est afro-américaine. Elle s’appelle Beyoncé. Par sa maîtrise des réseaux sociaux, Beyoncé joue le jeu de la transparence contemporaine, tout en gardant la maîtrise absolue de ce qu’elle dévoile. En 2013, sur le disque Beyoncé, elle raconte explicitement sa vie sexuelle… d’épouse. Affranchie, mais dans le cadre du foyer conjugal. Elle est et conservatrice et libérée, en phase avec l’époque. Sa sexualité n’est pas source de soumission mais de pouvoir.

  • Légende du visuel principal: En 2013, Beyoncé publie son album 'Beyoncé' aux textes romantiques et, parfois, très charnels et prouve que sa sexualité n'est pas source de soumission, mais de pouvoir © Getty / Chris Graythen
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