À l'occasion de la diffusion sur Arte du documentaire de Christophe Conte 'Glam Rock - Splendeur et décadence', Pop N' Co enfile ses platform shoes et se pare de paillettes pour découvrir en quatre minutes ce genre musical haut en couleurs qui a connu du très bon (T. Rex ou Roxy Music) et du bien moins bon...

Le glam est le premier moment de l’histoire de la pop qui n’aurait pas existé sans la technologie populaire de l’époque, à savoir : la télévision en couleurs. En décembre 1971, le groupe T. Rex est sur le plateau de l’émission musicale anglaise Top of The Pops. Sur la gauche, Elton John porte un pull avec des poneys, derrière un piano recouvert de papier aluminium. Au centre, le chanteur Marc Bolan tient sa guitare devant son pantalon rose. Dans son documentaire Glam Rock - Splendeur et décadence, Christophe Conte zoome sur un détail : les paillettes que Marc Bolan a collées sur ses joues. 

Jusque-là, le travestissement était une tradition du music-hall anglais pour faire marrer dans les chaumières. Mais là, le maquillage de Bolan est à prendre au sérieux : il bouscule les codes du masculin et du féminin. Rien de moins. T. Rex joua "Get It On" à la télévision. Et le glam fut.

Christophe Conte donne la mesure d’un mouvement qui n’a duré que cinq ans, un mouvement dépolitisé, qui avait l’air de tout miser sur la frivolité de l’apparence. Or, en ce début des années 1970, le glam met la question du genre au premier plan. Une question qui continue d’être au cœur de la pop de nos années 2010, de Bilal Hassani qui a représenté la France au dernier concours de l’Eurovision à Chris(tine and The Queens).

Musicalement, le glam prône le retour aux origines primitives du rock. Visuellement, une nouvelle déflagration vient avec David Bowie sur le plateau de Top of The Pops, encore. Bowie enlace son guitariste Mick Ronson et transforme le morceau "Starman" en cérémonie queer.

Après les fondateurs, que sont Bolan, Bowie ou le groupe Roxy Music, le film fait défiler une ribambelle de seconds couteaux, pas loin de la série B. Pour les présentations, avec l’écriture de Christophe Conte, ça donne.

On avait dit glamour, pas concours de meringues et de pelles à tarte.

L’un des énergumènes qui incarnent la récupération du glam par l’industrie, c’est l’éphémère Gary Glitter. Gary « Paillettes ». Jambes trop courtes compensées par des platform shoes. Veste en lamé sur un torse avec option moquette.

Le glam rock est né à la télévision en 1971 et se poursuit dans les années 2000 avec YouTube. Celle qui s’inspire le mieux des provocations visuelles du glam à l’ére numérique s’appelle Lady Gaga ! Dans le clip de son morceau "Just Dance", elle apparaît avec un éclair sur le visage. L’éclair d’Aladdin Sane, personnage créé par Bowie en 1973.

Pour aller plus loin

Le documentaire Glam Rock - Splendeur et décadence de Christophe Conte est programmé sur Arte ce vendredi 27 septembre à 22 h 30. Il est disponible depuis le 20 septembre et jusqu'au 25 novembre sur le site de la chaîne.

  • Légende du visuel principal: Marc Bolan, chanteur, guitariste et leader du groupe T. Rex, représente, au même titre que David Bowie, la quintessence du glam rock © Getty / David Redfern / Redferns
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