Pour l'ultime Tubes N' Co de la saison, Rebecca Manzoni se penche sur les secrets de fabrication de "Music", premier single du huitième album studio de Madonna. En l'an 2000, pour entrer dans le nouveau millénaire avec le son du futur, la grande Louise Ciccone choisit de s'entourer d'un Français : Mirwais Ahmadzaï.

En l'an 2000, Madonna choisit l'ex-membre du groupe français Taxi Girl pour co-produire son album 'Music' et, grâce à lui, commet un nouveau tube mondial avec "Music"
En l'an 2000, Madonna choisit l'ex-membre du groupe français Taxi Girl pour co-produire son album 'Music' et, grâce à lui, commet un nouveau tube mondial avec "Music" © Getty / Pete Still / Redferns

En l’an 2000, Madonna a 42 ans. Elle vient d’avoir deuxième enfant et projette de s’installer à Londres, ce qui fait dire au journal The New Yorker

Madonna a succédé à la regrettée Diana, princesse de Galles, dans le rôle de la mère préférée de la presse britannique.

Madonna fait percuter cette nouvelle image maternelle avec celle d’une reine de la nuit et des dancefloors, qu’elle choisit d’incarner avec Music. Pour inaugurer le nouveau millénaire, elle renoue avec l’univers des clubs. Ceux qu’elle a écumés à la fin des années 1970, années disco.

En l’an 2000, des groupes comme Daft Punk viennent tout juste de réhabiliter le disco, jugé ringard jusqu’ici. L'album Music et le morceau qui lui donne son titre enfoncent le clou de cette filiation entre disco et musiques électro.

Pour la sortie de Music, dans la presse française, on est un peu cocardier parce que celui qui a largement imprimé sa patte sur ce nouvel album est français. C’est Mirwais. Mirwais n’a pas besoin de crédibilité : il était au cœur de Taxi Girl, groupe des années 1980 dont on sait déjà qu’il passera à la postérité. Mais avec Music, le nom de Mirwais circule dans le monde entier.

Dans les studios Sarm West, à Londres, Mirwais est en régie et Madonna en cabine, pour l’une des prises vocales du morceau. Sur les maquettes de Mirwais, on l'entend dire :

Je crois que cette intro est trop longue.

Il est vrai que 40 secondes avant le début du premier couplet, ça n’entre pas dans les canons d’un tube. Mais Mirwais impose la cadence : une pulsation qui lacère les morceaux du disque et des échantillons de guitares funky.

Pour sa voix, Madonna dit n’avoir peur de rien. Elle a envie de mutation. Lorsque l'on compare l'acapella original du morceau et la version finale, on se rend compte qu'elle est devenue femme cyborg. 

En l’an 2000, Madonna existe dans la conscience collective depuis déjà 25 ans. Un quart de siècle au cours duquel elle a scénarisé toutes ses transformations, comme un feuilleton. Elle a pris la blondeur de Marilyn Monroe, les boucles de Mae West, le haut-de-forme et la cigarette de Marlene Dietrich. Autant de stars hollywoodiennes et d’incarnations de la féminité.

Pour l’an 2000, date futuriste sur laquelle on a fantasmé, Madonna revient avec un personnage du mythe américain : la cow-girl. Sur la pochette du disque, elle pose en blonde peroxydée, chemise western et chapeau texan. On dirait Dolly Parton. Cow-girl oui, mais 2.0.

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