Matthew Stephen Ward, qui signe des albums sous le nom de M. Ward depuis plus de 20 ans, vient de sortir un nouveau disque intitulé 'Migration Stories'. Rebecca Manzoni nous en propose quelques extraits pour ce Pop N' Co.

'Migration Stories', nouvel album de M. Ward, a paru sur le label Anti-
'Migration Stories', nouvel album de M. Ward, a paru sur le label Anti- © Wrenne Evans

Sur Migration Stories, M. Ward propose des chansons qui se passent dans la cadence tranquille de la nuit, entre la langueur et l’inquiétude, quand on ne fait plus trop le distinguo entre la réalité et ce que l’on imagine.

Migration Stories est le dixième album solo de M. Ward et toute sa discographie salue la musique américaine du siècle dernier : folk, rock, country, blues, sans jamais tomber dans la reconstitution un peu vaine ou dans l’exercice de style. Une fois de plus, il y a un charme, dans sa façon de chanter à bas bruit, dans la simplicité des arrangements, qui laissent toute la place à son talent de guitariste.

M. Ward, a joué avec Cat Power ou Norah Jones. On l’entend sur Bleu Pétrole, le dernier album d’Alain Bashung. C’est l’amour des pionniers du rock’n’roll qui a dû les réunir. La personnalité et la finesse du jeu de M. Ward lui permettent de ne jamais faire sonner sa guitare de la même façon d’un morceau à l’autre.

Frontières et militantisme

Le disque s’intitule « Histoires de Migrations », Migration Stories en version originale. Les chansons font vivre des personnages plus ou moins précis. M. Ward s’est inspiré de l’actualité, de récits qu’on lui a rapportés et de la figure de son grand-père. Ce dernier a quitté le Mexique en 1911. Il a franchi la frontière simplement en prenant le train, pour arriver au Texas, en gare d’El Paso. En écrivant des chansons, M. Ward a rêvé et imaginé ce qui a pu se passer.

Il y a une humilité qui parcourt le disque. Sur un sujet aussi politique et écrasant que les migrations, les morceaux ne sont jamais lestés d’un militantisme qui ne prêcherait que les convaincu·e·s d’un monde sans frontières. Il suffit de la résonance d’une guitare pour baisser la lumière ou d’un « papapa » fredonné dans un refrain pour redonner de l’élan.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.