Pop N' Co est complètement BD avec un ouvrage de Stéphane Tamaillon et Priscilla Horviller intitulé 'La Baronne du jazz : la vraie vie de légende de Pannonica de Koenigswarter' qui rend hommage à cette aristocrate passionnée de jazz qui fut la bienfaitrice de nombreux artistes, dont Thelonious Monk et Charlie Parker.

On la surnommait « la baronne du jazz ». Dans la bande-dessinée qui lui rend hommage, La Baronne du jazz : la vraie vie de légende de Pannonica de Koenigswarter, c’est d’abord une gamine, dessinée assise en boule, sur le sol d’une pièce immense, dans ce qui ressemble à un château. Il fait tout noir. Elle se lève, pour ouvrir les rideaux mais une vieille toupie l’arrête :

Vous savez bien qu’on ne doit jamais ouvrir les rideaux dans cette pièce ! La lumière abîme les tapis.

Pannonica de Koenigswarter, dite Nica, est fille de baron Rothschild. Elle vient donc de la haute société et reçoit l’éducation corsetée qui va avec. Le jazz va être la bande-son de la liberté qu’elle s’est choisie. La liberté d’aimer la beauté et les hommes qui la font. Ils composeront des morceaux qui la célèbrent comme "Nica’s Dream", écrit par Horace Silver.

Avec les dessins de Priscilla Horviller, Pannonica est toujours en mouvement : déhanchée par la danse, l’amour ou l’enthousiasme. Le scénario de Stéphane Tamaillon raconte la grande et la petite histoires. Pannonica de Rothschild, épouse de Koenigswarter, traverse les années 1930 et 1940 révoltée par l’antisémitisme qui touche sa famille et engagée dans la Résistance. On la suit à Londres, Paris, Munich, Le Caire, Kobé, mais c’est à New York qu’elle fait les découvertes et les rencontres de sa vie.

Priscilla Horviller et Stéphane Tamaillon mettent en scène Pannonica au Birdland, club de jazz de Manhattan. Charlie Parker est à sa table. Elle lui parle d’un certain Thelonious Monk. Entre deux verres de whisky, Bird lui répond :

Monk ? Pourquoi tu veux le voir ? Ce type est marteau, il n’en fait qu’à sa tête. Même sa musique est bizarre. Ses morceaux sont farcis de mélodies qui t’écorchent les oreilles.

Mais Pannonica se fout des rivalités d’artistes. Depuis qu’elle a découvert "Round Midnight", un morceau de Thelonious Monk, elle fera tout pour le rencontrer.

Pannonica a fait plus qu’accompagner les génies de cette révolution musicale qu’on appelle le bebop : Charlie Parker, Thelonious Monk, Miles Davis, Art Blakey. Elle les a protégés et financés. Elle s’est battue pour la reconnaissance du génie de Monk, dans une Amérique où le simple fait d’être une femme blanche qui fréquente des hommes noirs était source de scandales. Pannonica a inspiré plusieurs morceaux à Monk, dont un qui porte simplement son prénom à elle. Monk est au piano et au célesta, Oscar Pettiford à la contrebasse, Max Roach à la batterie, Ernie Henry au saxophone alto et Sonny Rollins au saxophone ténor.

Dans la préface du livre, Francis Marmande écrit : 

Pannonica a vécu comme nous devrions vivre, si nous aimions vraiment ces principes si difficiles à aimer : l’émancipation, la liberté d’être soi, l’égalité des droits, notamment civiques, l’affirmation des femmes… et la reconnaissance de la musique.

Pour aller loin

La Baronne du jazz : la vraie vie de légende de Pannonica de Koenigswarter de Stéphane Tamaillon et Priscilla Horviller est une BD publiée aux éditions Steinkis.

L’année dernière a paru chez Cristal Records Pannonica: A Tribute To Pannonica, un double album où sont réunis les morceaux qui célèbrent la dame.

  • Légende du visuel principal: La Baronne Pannonica de Koenigswarter est au centre d'une bande-dessinée de Stéphane Tamaillon et Priscilla Horviller, parue aux éditions Steinkis © Getty / Keystone-France / Gamma-Rapho
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