Toute la semaine, Michka reprend les rênes de Pop & co et ce matin il nous présente Rex Orange County…

Imaginez qu’on va entendre la voix de quelqu’un qui est en âge d’être votre fils.

Extrait « 10/10 »

Ah ça passe bien à 7 heures vingt-trois, comme le sourire radieux d’un enfant qui pousse la porte de la salle de bains. Vingt et un ans, c’est encore près de l’enfance. L’âge d’un certain Rex Orange County, un banlieusard londonien qui a tout pour enchanter un public de tout âge en quête de joies pures et simples. Quand j’ai passé cette chanson récemment à mon émission Very Good Trip, à 21 heures sur France Inter, pardon, c’est de l’autopromotion sauvage, une amie dont je tairai le nom, pour ne pas l’embarrasser, m’a appelé pour me demander : « Mais c’était quoi, cette chanson que t’as passée et que j’ai adorée, j’ai pas compris le nom. » Alors je répète publiquement : « Ten Out of Ten », dix sur dix, par Rex Orange County. Et je persiste et signe.

Extrait « Never Had the Balls » 

« I Never Had the Balls », je n’ai jamais eu les couilles de te le dire, pardonnez-moi, ce n’est pas moi, ce sont les mots du très jeune Anglais Alex O’Connor, dit Rex Orange County. Il publie son second album, « Pony », ces jours-ci. Alors c’est le genre de musicien qui, comme on dit, a tout pour lui. Formé dans une école spécialisée, où sont passées entre autres les chanteuses Amy Winehouse et Adele, il joue de tous les instruments, piano, guitare et le reste. Il a réalisé cet enregistrement tout seul, juste assisté par un ingénieur du son. Il s’est même offert une section de cordes classiques. 

Il y a en lui quelque chose de très actuel dans sa musique. Dans le débit, le rythme et les inflexions, il est naturellement ancré dans le hip-hop et le R & B. Et en même temps, il y a chez lui, étrangement, un classicisme de vieux. Un sens de la mélodie intemporel. Alex raconte qu’il adorait écouter Abba et Queen quand il était gamin. Alors tout ça s’entrelace. 

Extrait « Pluto Projector »

« Pluto Projector », un autre extrait du nouvel album de Rex Orange County, « Pony », le second de ce très jeune Anglais dont les concerts sont déjà partout complets. Alors il y a en lui quelque chose qui n’est pas si fréquent : la fraîcheur et l’absence de filtre. Quand il répond à des interviews, cet ado au visage ouvert et candide le fait chez les parents de sa copine, où il y a un canapé confortable. Quand il fait une vidéo, il se fait filmer dans son salon. On le voit ouvrir la porte du frigo, se faire un sandwich, ses copains affalés tout autour. Un interviewer lui demande de quoi parle une de ses chansons. Réponse : « Elle raconte que je suis heureux d’aimer ma copine ». Il y a un tel naturel, une telle absence de prétention qu’on est désarmé. Rex Orange County fait partie de ces musiciens chez qui les déceptions, la déprime, le cafard – et il est passé par là – sont livrés avec une franchise d’enfant, sans grimace. Et par cette grâce, tout devient sourire, lumière et mélodie. C’est une forme d’élégance naturelle. Une beauté intérieure qui existe chez Rex Orange County, dont les dix chansons qui composent l’album « Pony » ont cette mystérieuse légèreté qui a le pouvoir de pulvériser tous les chagrins.

Extrait  « Every Way » 

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