A l'occasion de la sortie du nouveau film de Cédric Kahn, "Fête de famille", Antoine de Caunes, accompagné de Charline Roux reçoit Catherine Deneuve. Elle sera également présidente du jury du 45ème Festival du Cinéma Américain de Deauville qui se tiendra du 6 au 15 septembre.

L'actrice Catherine Deneuve lors de la 76e édition du Festival du film de Venise, le 31 août 2019.
L'actrice Catherine Deneuve lors de la 76e édition du Festival du film de Venise, le 31 août 2019. © Getty / Tristan Fewings

A l'occasion de la sortie du film Fête de famille de Cédric Kahn, Antoine de Caunes reçoit Catherine Deneuve.

Catherine Deneuve y incarne Andréa qui fête son anniversaire en famille. 

"Aujourd’hui c'est mon anniversaire et j'aimerais qu'on ne parle que de choses joyeuses." Andréa ne sait pas encore que l'arrivée "surprise" de sa fille aînée, Claire (Emmanuelle Bercot) disparue depuis 3 ans et bien décidée à reprendre ce qui lui est dû, va bouleverser le programme et déclencher une tempête familiale.

Avec Cédric Kahn, Vincent Macaigne, Laetitia Colombani et Luana Bajrami.

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Extrait de l'entretien :

Antoine de Caunes : Vous aimez jouer avec votre image? 

Catherine Deneuve : "Oui, j'aime bien qu'on n'essaye pas de me fixer. En m'appelant madame ou la grande dame du cinéma français. Ça, c'est l'expression que j'aime le moins dans ma profession." 

Charline Roux : Vous dites "J'ai toujours autant de joie et de peur à débuter un tournage". Alors avant de vous glisser dans la peau d'Andréa, votre personnage dans Fêtes de famille. Qu'est ce qui vous faisait peur et qu'est ce qui vous mettait en joie? 

Ce qui fait peur, c'est toujours de commencer un nouveau film, franchement. Et en même temps, ce qui m'attirait, c'était le fait de tourner un film avec beaucoup d'acteurs, donc qu'on soit vraiment comme une troupe de théâtre. Donc, c'est ça qui m'attirait, mais en même temps, c'est ça que je redoutais un peu. Et ce qui me met en joie, c'est à partir du moment où on est sur le plateau, quand on commence à répéter, qu'on voit la scène. Et puis, Cédric Kahn est quelqu'un de très chaleureux. Il y avait une ambiance formidable parce qu'il sait vraiment ce qu'il veut et en même temps, c'était très vivant et très simple. Mais il était très exigeant. Et comme il y avait beaucoup d'acteurs dans le film, presque toujours ensemble, ils avaient beaucoup préparé le film, d'autant plus qu'il joue un de mes fils dans le film. C'était quand même assez lourd comme rôle. 

AD : Cette mère, vous la voyez d'ailleurs purement comme une femme qui tente d'apaiser, de soigner ou aussi comme une mère un peu toxique à sa façon ?

On est toxique quand on ne réussit pas à être soignante. Oui, je crois qu'on est tous un peu toxique, de toute façon. Même ceux qui sont les mieux intentionnés, peut-être même ceux qui sont les mieux intentionnés.

Il s'agit des retrouvailles entre une mère et sa fille. Illustration dans les deux cas de l'expression faire sa fête. C'est toujours tendu, les rapports mère fille ou pour les besoins du scénario. 

Ecoutez moi personnellement, c'est tellement pas mon univers, ni ce que j'ai vécu, ni ce que je vis, évidemment, c'est un rôle de composition, mais ça peut être tendu par moments. Bien sûr, surtout quand on a des relations un peu fusionnelle, c'est évidemment plus compliqué. Mais non. Moi, j'ai plutôt eu des relations très heureuses et très positives avec ma fille. 

CH : Il n'y a pas qu'entre Andréa et sa fille que les rapports sont compliqués sans poser de diagnostics trop hâtifs, on peut parler de famille un peu dysfonctionnelle. Ils sont à la fois très violents, les rapports au sein de cette famille sont aussi très drôles et étrangement, c'est le double aspect qui vous a aussi séduite. 

C'est ce qui me plaisait beaucoup dans le scénario. C'était cette espèce de mélange, cette brusquerie à changer d'un seul coup de ton. Qu'ne chose qui était partie pour être une chose  anecdotique, devienne une espèce de drame qui se termine très mal. Oui, parce que dans les familles, quand on est nombreux et réunis comme ça à l'occasion de Fêtes, c'est souvent ce qui se passe quand ça dérape.

C'est sans fin. On pourrait montrer dix films sur la famille et je pense que ce serait dix films différents. Parce que c'est sans fin les rapports et les difficultés de se parler ou de ne pas se parler ou de faire rejaillir le passé ou d'envisager le futur. C'est un domaine très riche. 

Qui dit familles, dit névroses. Le cinéma est une grande famille, comme on dit souvent. Un petit bilan de 2019 sur l'état des névroses du cinéma français. 

Une grande famille, une grande famille, c'est vite dit quand même. Ce sont quand même beaucoup des familles avec des éléments rapportés. Ce n'est pas tout à fait la grande famille qu'on imagine, mais c'est quand même l'image toujours qu'on veut donner. De toutes les professions, d'ailleurs, quand elles font des fêtes de fin d'année, on a l'impression que le PDG va embrasser sa secrétaire, qu'il l'embrasse comme ça tous les jours. Le garçon du bureau d'à côté qui est jaloux comme un fou, va être d'un seul coup complètement aux genoux de sa voisine, qui est en vérité sa concurrente. Il y a quand même une façon de montrer la famille en général, qui n'est pas tout à fait la vérité. La grande famille du cinéma, elle est comme les autres, mais elle est très hypocrite. 

Vous avez le loisir, au fil des années, de voir évoluer la cause des femmes dans le monde du cinéma. Est ce que vous pensez que les choses bougent dans le bon sens et surtout suffisamment rapidement? 

Je trouve que en Europe, on est quand même mieux lotis qu'en Amérique parce qu'en Amérique, c'est vrai que c'est quand même très excessif et c'est très marqué. Oui, bien sûr que les choses bougent. Suffisamment ? ça vient de loin quand même, il y a beaucoup de choses à abattre quand même avant d'arriver ne serait ce qu'à l'égalité salariale hommes/femmes, qui serait quand même la chose qui serait la plus évidente d'une société très évoluée. 

La pop liste de Catherine Deneuve

  • Le livre : Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke (1929)
  • Le film : La Nuit du chasseur de Charles Laughton (1955)
  • La série : Le bureau des légendes créée par Eric Rochant en 2015
  • La chanson : "La Superbe" de B. Biolay extrait d’un double album du même nom paru en 2009
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"C'est un album que j'écoute souvent. Régulièrement." 

Biolay supplante Gainsbourg. 

"J'adore Gainsbourg. C'est pas le problème. Mais cet album, quand je l'ai entendu, il m'a apporté quelque chose. Il m'a mis dans un état de fébrilité et de joie en même temps, incroyable. C'est vraiment un album que j'adore réécouter avec ces chansons là particulièrement." 

La pop culture selon Catherine Deneuve : 

Du chewing-gum parce que c'est éphémère, vif et concret, comme la pop culture. 

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