Pour parler de sa toute nouvelle enquête aux Editions de l'Olivier, "L'Inconnu de la poste", Antoine de Caunes et Charline Roux accueillent la journaliste Florence Aubenas.

Florence Aubenas journaliste et grand reporter auteure de "L'inconnu de la poste" (L'olivier).
Florence Aubenas journaliste et grand reporter auteure de "L'inconnu de la poste" (L'olivier). © AFP / Pierre Verdy

Le 19 décembre 2008, Catherine Burgod, employée de la Poste à Montréal-la-Cluse, petit village proche de la frontière suisse, était assassinée sauvagement de 28 coups de couteau sur son lieu de travail. Evidemment, un crime aussi sordide met tout le village en émoi : les copines de Catherine Burgod, son père, ancien secrétaire général de la mairie, son futur ex-mari, son nouveau compagnon. Très vite, les soupçons de la police vont se porter sur un marginal qui vit juste en face du bureau de poste. Sauf que ce n'est pas de n'importe quel marginal dont il s'agit : Gérald Thomassin, acteur auréolé du César du meilleur espoir en 1991 pour son rôle dans Le Petit Criminel de Jacques Doillon. 

C'est de ce fait-divers dont parle Florence Aubenas dans son nouveau livre enquête ; un livre qui aurait fait une formidable série mais qui est malheureusement une histoire bien vraie. Dans L'Inconnu de la poste, elle nous raconte l'histoire de ce village de la Plastic Valley française et de ses habitants : la vie que menait Catherine Burgod avant son assassinat, le père de celle-ci prêt à tout pour que quelqu'un soit reconnu coupable du meurtre de sa fille, et surtout le portrait de Gérald Thomassin, de son enfance à Ddass et en famille d'accueil, jusqu'à sa mystérieuse disparition la veille d'une ultime confrontation avant le procès et celui de ses amis dans le village de Montréal-la-Cluse, Rambouille et Tintin, eux aussi marginaux, alcooliques et toxicomanes. 

L'Inconnu de la poste est disponible depuis le 11 février dernier aux éditions de l'Olivier. C'est le troisième récit de non-fiction de Florence Aubenas après La Méprise : l'affaire d'Outreau paru aux éditions du Seuil en 2005 et le best-seller Le Quai de Ouistreham paru aux éditions de l'Olivier en 2010. 

Pour revenir sur ce fait-divers, Florence Aubenas est l'invitée d'Antoine de Caunes et Charline Roux. 

Antoine de Caunes :

Devenue une référence en matière de journalisme, Florence Aubenas est  un croisement parfait entre les mots et le réel, elle écrit de la littérature de plus haut niveau. Son livre vous agrippe à la première page et ne vous lâche qu’à la dernière. 

Extraits de l’entretien : 

Antoine de Caunes : "Face à la colossale machine judiciaire, l’auteure reste proche de l’humain en évitant toute forme de pathos." 

Florence Aubenas: "Je voulais proposer à chaque lecteur de rencontrer les protagonistes de ce drame, que chacun des personnages ait sa chance."

Antoine de Caunes : "Quelle place laissez-vous à la littérature dans votre récit ?"

Florence Aubenas : "La littérature c’est le soin apporté au mode de récit… cette tradition de récit est plus américaine qu’européenne et il y a beaucoup d’écrivains américains que j’admire. "

Antoine de caunes : "Avez-vous une intime conviction sur cette affaire ? "

Florence Aubenas : "Un procès d’assises doit avoir lieu, je ne suis pas jurée, je n’ai pas d’intime conviction. "

Antoine de Caunes : "Comment ce livre a-t-il été reçu par les protagonistes de Montréal-la-Cluse"

Florence Aubenas : "Que cela ne plaise pas ne me gêne pas, en revanche je ne souhaite pas blesser les intéressés. On fait toujours des erreurs, même anecdotiques, à chaque fois je suis consternée, je ne le prends pas à la légère."

La pop-liste de Florence Aubenas 

  • Le livre : Avril brisé d'Ismaïl Kadaré
Ismaïl Kadaré, l'oiseau en cage du dictateur albanais...
Ismaïl Kadaré, l'oiseau en cage du dictateur albanais... © Maxppp / Andreu Dalmau EFE

Un jeune montagnard albanais croise un jeune couple venu étudier les mœurs des habitants.

Florence Aubenas : "Deux choses me touchent dans ce roman. La première est liée à l’Histoire : La rencontre entre un jeune montagnard pris dans une tradition de vengeance avec deux érudits venus observer ce pays de sauvage. Au milieu, l’histoire se retourne et le sauvage n’est plus celui que l’on croyait. C’est une véritable prouesse littéraire ! La seconde raison, c’est que Ismaïl Kadaré, auteur albanais, a été enfermé des années par le dictateur de son pays, il était comme un oiseau en cage forcé d’écrire pour lui…

  • Le film : Mort à Venise de Visconti

Inspiré d’une nouvelle de Thomas Mann ce chef d’œuvre est sorti en 1971

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C’est la première fois que j’ai compris ce que c’était que l’art.

Florence Aubenas : "Ma mère a été longtemps critique de cinéma, puis professeur de cinéma. Elle nous amenait, mon frère et moi très souvent au cinéma. J'ai vu ce film à 12 ans, au départ, je n’ai rien compris, tout en étant consciente que c’était un chef d’œuvre. Il est resté dans ma tête.

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Florence Aubenas: "J’aime plutôt les séries documentaires. Parmi les exceptions du côté de la fiction j’aime beaucoup celle-là, parce que son héros est pourri. Sa famille tient une casse de voitures, un certain nombre sont en surpoids, toujours une cannette à la main... Ce sont des innocents pas toujours sympathiques mais des vrais innocents. J’aime bien le brouillage des codes."

  • La chanson : "Vous permettez monsieur" de Salvatore Adamo 
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Florence Aubenas : 

Cette chanson sur-jouée m’a toujours fait rire. J’aime bien les interprètes qui en font trop. Et puis j’ai grandi en Belgique et ça jouait dans les bistros. Un coup d’Adamo et ça repart… 

La pop-news du jour de Charline Roux

La vidéo de Brie Larson (alias Captain Marvel) qui reprend le titre "Je sais pas danser" de Pomme sur Twitter est à retrouver ici 

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