L'annonce de la limitation de la vitesse à 80 Km/h a été l'un des déclencheurs de la crise des "gilets jaunes". Un an après le début du mouvement, Pour Suite et Bruno Duvic reviennent sur cette mesure portée par le Premier ministre, Édouard Philippe. Mal perçue par beaucoup de citoyens, elle a été révélatrice d'une fracture entre un exécutif très "urbain" et une France des territoires qui s'est sentie méprisée.

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En mai dernier, un an et demi après avoir annoncé que la vitesse maximale autorisée sur les routes départementales allait passer de 90 à 80 Km/h, Édouard Philippe a esquissé une légère marche arrière, un rétro-pédalage pour une mesure qu'il a porté seul et pour laquelle il n'était pas question de fléchir. 

Mais la politique n'est pas qu'une affaire de fermeté et le Premier ministre a dû concéder quelques aménagements. Il faut dire que sa mesure est mal passée. Au point même d'avoir participé à un mouvement plus que dévastateur pour son patron, Emmanuel Macron.

Un an après le début de la crise des "gilets jaunes", Pour Suite vous livre les coulisses de cette mesure impopulaire. Avec Carine Bécard, qui suit les dossiers de la majorité présidentielle, et donc Édouard Philippe, pour France Inter, nous allons voir pourquoi et comment le Premier ministre a tant tenu à réduire la vitesse de 10 Km/h sur les routes départementales. Autre éclairage dans cet épisode : Pourquoi Emmanuel Macron lui a donné le feu vert et ne l'a pas soutenu dans ce qui pourrait ressembler à une galère ?

Une mesure révélatrice de la fracture entre Paris et les territoires

Carine Bécard nous raconte qu'au delà des citoyens, cette mesure a été mal perçue par les élus de la France rurale, celle pour qui les routes secondaires sont aussi des aides au désenclavement. Trop occupés par l'envie de réformer au plus vite la France, les députés LREM n'auraient pas entendu les signaux d'alerte envoyés par les élus des territoires. Et c'est ainsi que le 17 novembre 2018, après l'annonce d'une hausse du prix des carburants, l'exécutif devait affronter la colère des "Gilets jaunes", les occupations de rond-points, les manifestations et les débordements de part et d'autre durant de longs et nombreux samedis. 

Face à la crise, Emmanuel Macron a proposé le Grand débat national et dès le premier, en janvier dernier, dans l'Eure, a évoqué devant 600 maires une possible réflexion autour de cet abaissement de la vitesse.

Trop "juppéiste" selon Carine Bécard, Édouard Philippe ne pouvait annuler sa mesure mais en mai dernier, il proposait ainsi un aménagement possible et laissait aux élus des départements la liberté de revenir, sous certaines conditions, à 90 Km/h sur les axes secondaires. 

Dans cet épisode nous verrons que le retour à 90 Km/h n'est pas si simple, qu'il faudra du temps et des discussions tout au long de l'examen de la loi qui autorisera cette possibilité, la Loi d'orientation et des mobilités. Nous verrons également que cette "séquence politique" aura finalement été pour Édouard Philippe une façon d'exister politiquement, dans l'ombre de son patron et qu'il aura peut-être réussi à faire accepter la mesure malgré la bronca -c'est Emmanuel Macron qui le dit- soulevée. 

Avec, autour de Bruno Duvic et Carine Bécard, les témoignages ou éclairages de :

  • Vincent Descoeur, Député LR du Cantal ;
  • Dominique Bussereau, Président du département de Charente-Maritime et de l'Assemblée des départements de France ;
  • Béatrice Dugué, journaliste au service Reportages de France Inter.

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Pour Suite, le podcast qui éclaire l'actualité

L'équipe

  • Présenté par Bruno Duvic
  • Rédaction en chef : Thibaut Cavaillès
  • Assistant d'édition : Rachid Zourdani
  • Réalisation : Fanny Bohuon 
  • Mixage : Vincent Godard
  • Habillage musical : Kraked Unit

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