Lors du conflit opposant mi-octobre les forces turques et kurdes en Syrie, les journalistes n’ont pas vraiment pu approcher au plus près les combats. La guerre qui sévit en Syrie depuis 2011 est particulièrement dangereuse : plusieurs fronts, plusieurs belligérants dont des djihadistes pour qui les journalistes sont des proies. Comment, dans ce contexte, les envoyés spéciaux de France Inter parviennent-ils à rendre compte de ce qui se passe vraiment sur place ? Bruno Duvic leur a posé la question à leur retour de mission.

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Le 9 octobre dernier, le président turc Recep Tayyip Erdoğan lance l’opération Source de Paix. Une offensive conjointe avec les rebelles de l’Armée Nationale Syrienne (ANS) contre les Forces Démocratiques Syriennes (FDS). 

Ce nouvel épisode dans la guerre qui sévit en Syrie depuis 2011 est l’un des plus complexes à appréhender. Les FDS qui ont permis la chute de l’organisation État Islamique deviennent désormais la cible de Turcs qui s’allient avec des rebelles syriens. Ces mêmes FDS ne peuvent plus compter sur le soutien de l’armée américaine dont le président Trump a décidé le retrait des troupes de la zone quelques jours auparavant. Pour se défendre, les Kurdes doivent alors demander l’aide de l’armée de Bachar al-Assad, le président Syrien. 

Ces attaques, alliances ou retraits rendent ce conflit particulièrement difficile à appréhender. Et donc difficile à raconter. D’autant plus que dans ce cas de guerre complexe, il est très dangereux pour les journalistes et les techniciens qui les accompagnent de s’approcher au plus près du conflit. Pour une guerre "simple", avec deux belligérants et un seul front, les médias suivent les combats idéalement protégés derrière chacune des deux armées en conflit. Mais dans le cas particulier de cette offensive, la multiplicité des tensions rend l’exercice trop dangereux.

Une guerre à huis clos

Pourtant, très vite, les rédactions de Radio France ont décidé d’envoyer des équipes sur place. À l’Est de la Syrie, ce sera Aurélien Colly. Le correspondant permanent de Radio France au Liban a pris le premier avion pour l’Irak où il a retrouvé Benjamin Chauvin, technicien parti, lui, de Paris. 

Au Nord, côté turc donc, ce sera Mathieu Mondoloni, journaliste de France Info mais qui dans ce genre d’opération est amené à travailler également pour France Inter et France Culture. Marc Garvenes sera son technicien

Tous les reportages, tous les directs qu’ils ont faits sur place, Bruno Duvic les a écoutés. Parfois même il a choisi d'en diffuser dans son journal. Et quand les conditions le permettaient, il discutait en direct avec Aurélien ou Mathieu dans ce même 13h de France Inter. 

Dans ce numéro de Pour Suite, Bruno Duvic s’interroge sur le travail des envoyés spéciaux : Comment font-ils pour relater un conflit qu’ils ne peuvent suivre qu’à distance ? Comment parviennent-ils à obtenir des informations, à les vérifier ? Que leurs disent leurs rédacteurs en chef à Paris ? Comment jugent-ils des risques à prendre ?

Dans ce numéro de Pour Suite, deux reporters, un technicien, le directeur de l'information internationale à Radio France et un ancien colonel de l’armée française éclairent Bruno dans sa réflexion. Et nous livrent les coulisses d’une profession parfois dangereuse.

Pour Suite, le podcast qui éclaire l'actualité

L'équipe

  • Présenté par Bruno Duvic
  • Rédaction en chef : Thibaut Cavaillès
  • Assistant d'édition : Rachid Zourdani
  • Réalisation : Céline Illa 
  • Mixage : Jean-Philippe Jeanne 
  • Habillage musical : Kraked Unit

Archives

  • Reportage de France télévisions à Tal Tamer, dans le nord de la Syrie le 13/09/2019
  • Reportage d'Aurélien Colly sur France Inter dans le journal de 8h avec Sarah Ghibaudo le 13/10/2019
  • Mathieu Mondoloni en direct à la frontière turco-syrienne sur France Info, le 11/10/2019   

PourSuivre...

Quand la guerre est racontée par ceux qui la vivent. Pour Sama, film-documentaire de Waad el-Kateab, jeune habitante d'Alep qui vient d'avoir son premier enfant et qui, avec son mari médecin, a décidé de rester malgré les bombes du régime de Bachar al Assad.

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