L'’Égypte vient de lancer l'opération anti terroriste "Sinaï 2018" qui vise à déloger les miliciens de l'organisation État Islamique qui se sont réfugiés dans la péninsule. Les civils sont évidemment les premiers touchés par ces offensives invisibles aux yeux des journalistes non autorisés à entrer.

La guerre invisible sur le Canal de Suez
La guerre invisible sur le Canal de Suez © Radio France / Christian Chesnot

Entre Le Caire et Jérusalem,  le Canal de Suez pour frontière terrestre, la péninsule du Sinaï s'étend sur un triangle de sable de 60 000 kilomètres carrés, de la Méditerranée à la Mer Rouge. C'est ici que les miliciens de l'organisation État Islamique ont élu domicile. Les djihadistes défaits en Syrie ces derniers mois viennent se réfugier dans le désert Égyptien. 

Pour les empêcher de trouver un abri, l'armée interdit aux résidents d'entrer ou de sortir des centres urbains. Les marchandises ne circulent plus, les camions n'ont pas accès aux quelques villes. Les 150 000 habitants accoutumés aux coupures de courant doivent composer aujourd'hui avec la pénurie de vivres. 

Les populations civiles à Cheikh Zouweid ou  Rafah se déclarent en situation de famine. Les plus vulnérables meurent.  Au blocus économique, il faut ajouter les offensives militaires.  Après l'attentat le plus sanglant qu'ait connu l’Égypte en novembre dernier, l'attaque de la mosquée de  Al-Rawda de Bir al-Abd qui a fait 305 morts dans le nord du pays, le président Sissi a ordonné de frappes aériennes et lancé le 9 février "Sinaï 2018". Cette opération vise à éradiquer le terrorisme et déloger Daech du Sinaï. Les journalistes ne sont pas autorisés à entrer et il est difficile de savoir ce qu'endurent les populations sur place. 

Christian Chesnot, grand reporter à France Inter est parvenu à approcher la zone. Une zone de guerre, géostratégique. Israël serait un allié dans cette opération. Le Sinaï est relié à la bande de Gaza par des tunnels. Et les Israéliens redoutent que les jihadistes de Daech utilisent ce point de passage. 

Avec sa connaissance de la région et des tensions complexes qui les animent, Christian Chesnot donne les tenants et les aboutissants de cette guerre invisible dont on ne parle jamais. 

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