En Iran, les réformistes n'ont plus un socle électoral. Jamais l'abstention dans une élection en Iran n'a été aussi forte. Et à la lecture des résultats, le raz de marée conservateur se passe de commentaires. C'est une génération désenchantée qu'a croisé Valérie Crova dans les rues de Téhéran.

Campagne des légistatives 2020 à Téhéran
Campagne des légistatives 2020 à Téhéran © Radio France / Valerie Crova

42,5% à l'échelle du pays, 26% à Téhéran, la participation à une élection iranienne n'a jamais été aussi faible, le taux le plus bas depuis la révolution de 1979.  Les réformateurs n'ont plus d'électeurs, celles et ceux qui avaient voté pour eux disent ne pas voir de différences entre le camp réformiste et les conservateurs. Témoignages que l'on a beaucoup entendu dans les reportages de Valérie Crova, grand reporter de la rédaction internationale de Radio France, témoignages d'un électorat qui n' a pas jugé bon se mobiliser. Qui plus est, avant  ce scrutin enlevé par les conservateurs et ultraconservateurs,  seize mille candidatures, dont une majorité de réformateurs et modérés,  90 députés sortants compris, avaient été écartés au préalable par le  Conseil des Gardiens de la constitution aux mains des conservateurs. 

Les sanctions américaines pèsent évidemment sur la situation sociale et économique. En décembre dernier, les jeunes iraniens sont descendus dans la rue pour dénoncer la corruption, l'absence de perspective et une société en panne. Ces manifestations qui rappelaient par leur ampleur, les mouvements en 2009 ont été violemment réprimées. 21 personnes tuées. Quelle différence avec un régime conservateur ? ont-alors questionné des manifestants indignés par cette répression.

C'est donc en silence désormais, en évitant les caméras et en parlant encore dans un micro, que les Iraniens commentent la vie politique aujourd'hui. Les tensions avec Washington ont donné du poids aux conservateurs

Enfin, pour les vainqueurs de l'élection, l'abstention s'expliquerait par la psychose créée par le Coronavirus, particulièrement virulent à Téhéran.  

Regret de reportage : ne pas avoir obtenu de réponses sur la situation des chercheurs français Roland Marchal et Fariba Adelkhah toujours retenus prisonniers depuis juin dernier.

Profession Reporter avec Valérie Crova, entretien à réécouter en téléchargement

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