Alors que se pose la question d'un mémorial à Sinjar pour les yézidis, -minorité confessionnelle persécutée par l'organisation État Islamique-, les survivantes essaient de se reconstruire sans grands moyens. Sophie Parmentier a recueilli le témoignage de ces jeunes veuves violées et bannies.

 Les otages yézidis détenus par des jihadistes de l'État islamique et libérés .Soufiane (8 ans), Sedate, Noujiane et Noura. Février 2019.
Les otages yézidis détenus par des jihadistes de l'État islamique et libérés .Soufiane (8 ans), Sedate, Noujiane et Noura. Février 2019. © Radio France / Alice Serrano

Dans les montagnes autour de Sinjar, dans le Kurdistan irakien, à la frontière syrienne, en 2014, elles ont vu les hommes de Daech entrer dans leurs villages, tuer leurs maris et leurs grands enfants sur la place publique, enlever les plus petits pour en faire des soldats quand ils n'étaient pas eux aussi massacrés devant leurs yeux. Elles ont été brutalisées puis vendues  en tant qu'esclaves sexuelles à des émirs de l'organisation. 

Ces femmes yézidis, otages, sont peu à peu libérées des camps où elles étaient retenues captives. Depuis quelques semaines, on les voit revenir hébétées au sein de leur communauté qui essaie de se reconstruire. Cette minorité confessionnelle n'hésite pas à qualifier de "génocide" les atrocités commises et réclame un mémorial à Sinjar pour ne pas oublier cette part obscure de leurs histoires. Les ténèbres ne doivent plus se reproduire. 

Nadia Murad fait partie de ces très jeunes femmes.  Après avoir réussi à fuir Moussoul où elle était prisonnière, elle a décidé de raconter son calvaire. Elle reçoit le prix Nobel de la paix en 2018. 

En octobre dernier, Emmanuel Macron reçoit Nadia Murad à l’Élysée. Le président de la République réaffirme l’engagement de la France contre l’impunité des crimes  commis en Syrie et en Irak. Il indique que la France renforcera son  aide à la région de Sinjar, aussi bien en matière humanitaire que  d’appui à la reconstruction.

En réponse à la  proposition de Nadia Murad, la France accueillera 100 femmes yézidies,  victimes de Daech, libérées mais actuellement bloquées et sans soins  dans les camps de réfugiés du Kurdistan irakien. 

La semaine dernière, ces femmes ont atterri à l'aéroport de Toulouse Blagnac, accueillies par les association mobilisées et ont été conduites dans les départements limitrophes de la Haute Garonne. 

Sophie Parmentier, journaliste au service Police-Justice de France Inter est allée à leur rencontre à Erbil. Avant qu'elles ne prennent l'avion pour la France dont elles ne savent rien. Elle a ramené un reportage sur la difficulté de la parole à se libérer quand on a vécu l’innommable. 

Sophie Parmentier dans Profession Reporter évoque les coulisses de cette rencontre. A réécouter en téléchargement

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.