Une école de musique à proximité des camps de réfugiés syriens au Liban. A quelques minutes de Damas. L'ancien directeur du conservatoire d'Alep veut inciter les jeunes à prendre leur avenir en main. Devenir musicien. Le reporter Sébastien Sabiron a assisté à ce coaching pas comme les autres.

Fillette dans un camp de réfufgiés syriens au Liban en aoû 2017
Fillette dans un camp de réfufgiés syriens au Liban en aoû 2017 © Reuters / Jamal Saidi

Voulant transmettre sa passion aux nouvelles générations, Fawaz Baker, ancien directeur du Conservatoire de Musique d’Alep, multi-instrumentiste, mais surtout formidable joueur d'oud et de contrebasse, compositeur, et féru de musique, a monté une école, pile entre trois camps de réfugiés syriens au Liban. Tourner le dos à la guerre, au passé même.  Il est épuisé par les étiquettes. Il n'est pas qu'arabe, que syrien, que musulman, qu'ancien directeur de conservatoire. Il veut exister par ses projets, se tourner seulement vers l'avenir. 

Et en ce sens, les jeunes syriens qui fréquentent l'institution qu'il a créée avec l'aide de fondations allemandes,  manifestent le même état d'esprit. Ils ne sont pas là pour penser aux horreurs qu'ils viennent de traverser pendant des années, ils ne sont pas là pour ressasser le quotidien précaire dans lequel ils vivent, ils ne sont pas là pour passer le temps, ils sont là pour plonger dans l'avenir.  Ils veulent devenir musicien professionnel. Venir dans cette école, c'est tracer une route avec un horizon, c'est oublier les impasses présentées à chaque lever du soleil. Et dans les témoignages livrés à Sébastien Sabiron qui a rencontré cette jeunesse syrienne au Liban, ils n'ont nullement l'intention de rentrer chez eux. Et pourtant la frontière est si proche,  seulement quelques kilomètres, mais non, rien à faire, ils resteront ici ou partiront ailleurs. Et l'école de musique est un moyen pour atteindre un but qui ne soit pas qu'un espoir. 

Comme l'explique Sébastien à Eric Valmir, dans ce Profession Reporter, "ces jeunes syriens avaient tendance à minimiser l'enfer de la guerre, ils ont tout perdu, mais préfèrent penser qu'ils ont à construire leur vie". 

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