Kits de protection et micro perche pour rester à distance des personnes interrogées, les reporters de Radio France sillonnent le pays pour évoquer la réalité d'une France confinée. Les sujets qui font débat et comment dans les différentes région, on appréhende cette situation inédite.

Confiné dans des maisons au coeur d'une nature verte
Confiné dans des maisons au coeur d'une nature verte © Radio France / Faustine Calmel

Loin des salles de réanimations saturées du bassin parisien ou du grand Est de la France, comment se vit la crise dans les départements estampillés de la couleur verte, et qui sont traditionnellement verts du fait de leur ruralité ? Saïd Makhloufi est reporter de France Bleu Gard Lozère en résidence à Mende. Faustine Calmel, reporter à France Inter a sillonné les départements auvergnats du Cantal et du Puy de Dôme

Dans le département de la Lozère où la densité de la population est une des plus faibles de France et où tout déplacement s'apparente au périple , la crise et le confinement ont isolé un peu plus des villageois déjà marginalisés.  Le virus creuse les inégalités territoriales. Dans le village de Sainte Croix-Vallée Française, à deux heures de route de Mende, un évènement : la réouverture du bureau de poste une demi-journée par semaine. Ce n'est pas rien pour une population âgée en manque de liquidité. Car l'ouverture de la poste ici, c'est pour retirer des espèces en premier lieu. On est très loin du monde urbain digitalisé. L'épicière a fait crédit à tout le village qui vient la rembourser ce jour là. 

SaId Makhloufi avec son micro France Bleu est accueilli avec joie "on est content de vous voir". Sur la route, sa voiture siglée lui vaut des "bonjour". Le reporter représente un lien pour des populations qui se sentent plus que jamais oubliée dans l'atmosphère irréelle du confinement. Les inquiétudes, les angoisses, la vie arrêtée suspendue et cette menace invisible d'un virus qui frappe les plus vulnérables. Quand le premier ministre a autorisé les visites dans les Établissements d'Hébergement pour les Personnes Agées Dépendantes, Saïd Makhloufi a tourné un reportage sur la visite d'une femme qui allait voir sa mère octogénaire. A la fin du tournage, elle a demandé, émue, l'heure de diffusion pour que toute la famille entende la voix de leur maman ou grand mère. Le reportage terrain est aussi ce lien entre les populations. 

Jérôme Valette est mort. Ce médecin qui avait commencé sa carrière dans l'humanitaire était médecin de campagne à la Tour d'Auvergne. Il a contracté le virus qui l'a emporté en quelques jours. Ce village du Sancy de 640 habitants est sous le choc. Non pas qu'ils se sentaient préservés entre eux, sur un plateau à mille mètres d'altitude, encore que... mais qu'il y ait un mort et que ce soit leur médecin qui avait fait l'Afghanistan et toutes les campagnes d'Afrique, ils n'en reviennent pas, ils le pensaient indestructible. La réalité de l'épidémie s'est présentée crument dans la commune auvergnate qui aujourd'hui doit trouver un autre médecin avec toute la difficulté inhérente aux déserts médicaux

Faustine Calmel a donc croisé ces réalités de terrain, ces tranches de vies. Celles de Céline, agent municipal d'Aurillac cloitrée chez elle, insomniaque, terrorisée par le virus. Et pourtant quand le maire a lancé un appel au volontariat pour distribuer les masques à la population, elle y est allée. Surmonter sa peur pour protéger les autres, une mission de service public. 

Le reportage lutte contre les idées reçues. Celle des lacs, des grandes étendues naturelles où il serait facile de se promener pour les gens du coin, mais non, ils respectent le confinement. 

Raconter aussi l'école, ou ce que pourrait être la rentrée, ce reportage de Faustine Calmel dans une école du Cantal ouverte pour les enfants des personnels soignants ou autres professions en première ligne. Et la difficulté pour les enfants de respecter dans la cour d'école le principe de distanciation sociale.

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