Un journalisme pour les femmes et les enfants, des reportages sur les initiatives locales pour la paix. Un journalisme de solutions qui tourne le dos à la politique, aux combats et relatent la vie des faubourgs. Un journalisme pour rester vivant et croire en l'avenir du Yémen. Malgré la peur et les pressions.

Le Yémen dans la guerre
Le Yémen dans la guerre © Radio France / Vanessa Descouraux

Le _Yémen Times_était un journal. La guerre a détruit son imprimerie. Sa version numérique n'a pas survécu aux pressions et son compte twitter ne produit plus rien. Désormais, c'est une radio libre tolérée. Ali qui la dirige tant bien que mal ne signe aucun papiers, et personne ne décline son identité à l'antenne. Ils se gardent bien aussi de commenter la guerre et les politiques qui l'animent. Le reportage est purement factuel. Un bombardement, un échange de tir. Le journalisme raconte la vie des faubourgs avec en toile de fond le bruit des bombes et la lourdeur des checks points qui ne laissent pas passer la nourriture et les hommes. 

Mais ces tranches de vie racontent le Yémen d'aujourd'hui. Ce Yémen dont nous ne recevons que très peu d'échos. Les journalistes indépendants mais qui subissant la dureté de la vie ne s'autoproclament plus objectifs sont pris entre deux feux. Celui des Houthis et celui du gouvernement légitime. Ces deux camps disposent d'agences officielles qui régissent le traitement de l'information. Les indépendants peinent à être diffusés et gare à ce que leurs productions ne déplaisent pas aux belligérants. Des reporters ont déjà été assassinés. Par qui ? Pourquoi ? L'un dénonçait les exactions, un autre faisait des piges pour un journal européen, un autre encore pointait les dysfonctionnements du gouvernorat. Et puis, il y a ceux découragés par les pressions et la famine qui préfèrent abandonner le métier pour vendre des pommes de terre à la sauvette.  

Profession Reporter au Yémen où rien ne s'arrange, en dépit des négociations ouvertes en Suède. La Suisse a débloqué mercredi treize millions de dollars pour l'aide humanitaire. Les Nations Unies ont pu récupérer des entrepôts alimentaires dans la zone portuaire de la ville d'Hodeida, c'est par ces docks que transite l'aide humanitaire, mais depuis deux ans, un blocus empêche la formation d'un corridor en direction des populations sinistrées. Avait été entériné en Suède une trêve pour permettre l'acheminement de l'aide humanitaire mais sur le port d'Hodeida, les balles sifflent encore. 

L'interview d'Ali avec Eric Valmir est à réécouter en podcast

L'équipe
Contact
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.