Le énième vote définitif annoncé n'aura pas eu lieu le 31 octobre à Westminter. Pas de Brexit à l'heure d'Halloween, et dans les rues, les Anglais s'enfuient devant une caméra et un micro qui leur demandent leurs avis sur le Brexit. "Non, pitié, pas le B word" comme si la question émanait d'une sorcière maléfique.

Les nouveaux bâtiments de douane dans le port de Calais pour les contrôles en cas de Brexit dur. Août 2019.
Les nouveaux bâtiments de douane dans le port de Calais pour les contrôles en cas de Brexit dur. Août 2019. © Radio France / Emmanuel Bouin

En couvrant le Brexit, Antoine Giniaux, le correspondant de Radio France à Londres ajoute de la prudence à la prudence. La profession de reporter requiert de toujours vérifier et recouper ses sources, mais ici encore plus. Il ne faut pas céder à l'emballement des échéances. 

Depuis un mois, c'était sur, le 31 octobre serait la date-clé du Brexit. Tous les signaux avant coureurs l'indiquaient. Le rôle de l'envoyé spécial permanent consiste à ne pas se laisser embarquer par le tumulte des effets d'annonce et à mettre en garde les rédactions en rappelant un principe essentiel : c'est le vote définitif de la chambre qui scellera le sort du Brexit. Et même quand il semble survenir, ce qui était le cas cette semaine, faut-il encore s'assurer qu'il soit validé et entériné. Il y a ainsi des subtilités qui peuvent échapper au non initié. 

Et si il n'est pas si simple de rendre intelligible aux auditeurs français les tractations autour du Brexit, il ne faut pas croire que ce soit aussi facile outre-manche pour les journalistes anglais. Avec en prime une saturation des esprits. Depuis quatre ans, le pays ne parle que du Brexit. En oubliant un peu les faits de société comme la crise des urgences, les contrats précaires, la ruralité de plus en plus isolée, les contrats commerciaux. La presse londonienne, en faisant du Brexit un fait majeur, contribue aussi à creuser le fossé entre la cité cosmopolite qu'est Londres et les campagnes de l'Angleterre, une Angleterre ouvrière, une Angleterre de la pêche. Et pour Antoine Giniaux, il est vital de faire entendre ces voix. Comprendre le Brexit, entendre ce que dit le pays, c'est aussi et surtout s'éloigner de Westminter. 

Profession Reporter avec Antoine Giniaux, correspondant permanent de Radio France à Londres.

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