L'affaire Khashoggi en Turquie, le conflit au Yémen et les ventes d'armes de pays occidentaux à Ryad, le financement des mosquées à l'étranger : l'Arabie Saoudite occupe ses dernières semaines le haut de l'actualité internationale. Clarence Rodriguez rentre de Ryad où elle a été correspondante pendant douze ans.

La mosquée du roi Fahd de Sarajevo, financée par l’Arabie saoudite
La mosquée du roi Fahd de Sarajevo, financée par l’Arabie saoudite © Radio France / Christian Chesnot

Des bombardements sur le Yémen au meurtre du journaliste Jamal Khashoggi en Turquie, l'Arabie Saoudite alimente les titres de la presse internationale. Tout comme,  porter à l'extérieur des frontières les évènements qui surviennent à l'intérieur du pays n'est jamais aussi simple qu'il n'y parait, le traitement de l'information saoudienne sur l'échiquier international requiert, plus que jamais une grande vigilance. 

Même si Jamal Khashoggi, le journaliste saoudien, semble avoir été assassiné, les grands  médias occidentaux relaient sans sourciller les hypothèses formulées par le procureur turc, le président Erdogan et son conseiller. Il y a encore quelques semaines, les mêmes sources n'étaient pas considérées comme fiables en raison de la purge qui a frappé les milieux de la magistrature et du journalisme. Et aujourd'hui, sans émettre le moindre doute, on prend pour argent comptant les thèses qui nous sont présentées. Il ne s'agit pas, ici, de les remettre en cause, mais peut être de réfléchir. La Turquie n'a jamais respecté l'embargo sur Téhéran et importe du pétrole iranien, tout en prenant soin de respecter les bonnes relations avec Ryad. Certes, Erdogan affirme que le journaliste saoudien a été tué sur ordre, un ordre venu de très haut,  mais il s'empresse d'ajouter que Mohammed Ben Salmane al Saoud n'est en aucun cas impliqué. Derrière la tragédie de cette affaire, des luttes de pouvoir et de pression prennent corps.

L'affaire Khashoggi est sous nos yeux, et s'attarder sur cet exemple démontre à quel point le traitement de l'information saoudienne nécessite distance et équilibre, ce sont les piliers de la profession reporter, mais à Ryad, ces valeurs sont les passages obligées pour livrer une matière qui soit la plus juste possible. Outre un pays fermé, conservateur, , les raisons géopolitiques sensibles qui l'animent compliquent singulièrement le travail du journaliste qui cherche à étayer les faits.

Et puis le Yémen. Bien sur l'assassinat de Jamal Khashoggi est un crime odieux dont il faut parler, mais celles et ceux qui travaillent sur le Yémen aimeraient la même internationale sur les bombardements saoudiens qui tuent les populations civiles. Sans compter le blocus du port d'Hodeida qui aggrave la catastrophe humanitaire  et la famine qui va avec.

Rencontre avec Clarence Rodriguez qui fut pendant douze ans la correspondante de Radio France en Arabie Saoudite.  Comment traiter l'information saoudienne ? 

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