Kits de protection et micro perche pour rester à distance des personnes interrogées, les reporters de Radio France sillonnent les routes d'une Europe confinée : les sujets qui font débat et comment dans les différentes région, on appréhende cette situation inédite. Marie-Pierre Verot et Omar Ouahmane en Espagne-Italie

Un camion frigorifique décharge les corps à la patinoire de Madrid transformée en morgue
Un camion frigorifique décharge les corps à la patinoire de Madrid transformée en morgue © Radio France / Marie Pierre Verot

Dans des villes traditionnellement animées, dans les régions plus au sud où l'habitude de vivre dehors s'installe avec l'arrivée des beaux jours, l'enchainement de routes et villes désertes surprend nos reporters de la rédaction internationale de Radio France. Qu'il s'agisse de Marie-Pierre Verot et Laurent Macchietti en Espagne ou Omar Ouahmane et Gilles Gallinaro en Italie. Les règles du confinement sont plus strictes qu'en France. Notamment en Espagne où la seule sortie autorisée est celle des courses alimentaires, seulement dans son quartier, d'une durée maximale d'une heure avec le ticket de caisse en pièce justificative. 

Dans ces deux pays symboles d'une Europe latine frappée soudainement par le virus, la sidération prévaut toujours. Le confinement est toléré et accepté. Les hôpitaux saturés, les anciens qui partent, puis les moins anciens, dans ces pays si ancrés au catholicisme, l'impossibilité d'organiser les funérailles religieuses est un traumatisme qui s'ajoute à la douleur. Et puis la mort des prêtres, les services funéraires débordés, l'idée reçue que les jeunes pouvaient s'en tirer. C'est une Bergame de désolation dans laquelle déambule Omar Ouahmane. A son retour, il n'oubliera pas les témoignages de celles et ceux qui continuent de se battre, ce médecin italien qui parlent de son 11 Septembre à lui, avec cette menace invisible dans la rue, en bas de chez lui, dans sa cage d'escalier, partout. 

Et cette affreuse résonance avec le quotidien des Espagnols. Des morts de plus en plus nombreux et Marie-Pierre Verot qui découvre la patinoire olympique de Madrid transformée en morgue pour accueillir des corps. 

En France, comme en Espagne et en Italie, les mêmes débats autour de l’hôpital public, de son financement, ses réformes. Ce qu'il faudra faire demain. Les mêmes paroles de celles et ceux confinés qui réinventent leurs vies dans une société à l'arrêt. Qu'importe que les morts et les malades soient ultra minoritaires à l'échelle d'un pays. On connait tous l'ami, le frère de quelqu'un qui est mort. Il faut arrêter ce cauchemar et retrouver la vie. 

Sur le front de l'épidémie, l'Italie compte une dizaine de jours d'avance sur la France. Il y a deux semaines, on écoutait le reportage d'Omar Ouahmane et Gilles Gallinaro à l'hôpital de Bergame  empreints de  paroles fortes qui sont aujourd'hui familières. Nous avons les mêmes témoignages dans nos hôpitaux et dans nos journaux, les mêmes problématiques. 

Même sensation pour les opérations de solidarité qui s'organisent dans nos régions, elles font écho à celles montées par les Italiens du Nord au début du confinement. Les entreprises qui diversifient leurs modes de productions pour venir en aide aux personnels soignants; les exemples se multiplient en Europe. Dans la ville d'Arnedo, au nord de Madrid, bourg industriel spécialisé dans la confection de chaussure, plusieurs usines se sont lancées dans la fabrication de combinaisons, charlottes et masques

Profession Reporters avec Marie Pierre Verot et Omar Ouahmane qui, après avoir déambulé dans ces deux pays meurtris, sont aujourd'hui confinés chez eux en France, en quatorzaine, ils vont bien, mais les situations qu'ils ont croisées restent en tête.  

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