Lubrizol en feu au cours de la nuit. Ce n'est pas un exercice de sécurité habituel, c'est le cauchemar devenu réalité. A peine l'incendie déclaré, France Bleu Normandie entre en spéciale et la radio locale ne va cesser d'occuper le terrain entre les messages préfectoraux et l'inquiétude des habitants.

Le nuage de fumée qui s'échappe de l'incendie de Lubrizol
Le nuage de fumée qui s'échappe de l'incendie de Lubrizol © Radio France / Coralie Moreau

On a beau être rompu aux exercices de sécurité et adopter les gestes qui conviennent, la réalité se charge d'une dimension humaine qu'aucune simulation ne peut anticiper. 

Dans les basiques évacuations d'immeubles, les alertes incendies orchestrés par les pompiers dans les entreprises, personne n'imagine un jour que la catastrophe surviendra. 

A Rouen, ce qui était réduit à un cauchemar est devenu réalité. Un site classé seveso sur les bords de Seine est en feu. Lubrizol, tout le monde connait. Le nuage noir qui s'échappe et prolonge la nuit sur Rouen inquiète alors une population. Des voitures sont chargées, des familles prennent la route. 

Coralie Moreau, journaliste à France Bleu Normandie est réveillée par les explosions. Ouvrant les volets de sa chambre, elle découvre la scène de l'usine en feu et du nuage noir. Premier réflexe, protéger ses enfants et faire en sorte qu'ils quittent la ville. Deuxième urgence, foncer à la radio. Tous les personnels de France Bleu Normandie accourent. Une spéciale est démarrée dès 5h du matin. Relayer les consignes de sécurité de la préfecture, éviter que la population panique, l'antenne ouverte pour tous, les auditeurs appellent de toute la région. Le nuage noir long de plusieurs kilomètres est suivi à la trace. Des reporters sur place et dans la ville pour informer des risques, de la situation du feu toujours pas maitrisé. Et surtout, partager les inquiétudes de la population. Lui donner corps à l'antenne sans pour autant l'amplifier. Relayer les messages de la préfecture tout en poussant dans leurs retranchements les autorités pour limiter le climat de défiance qui survient inéluctablement quand les questions restent sans réponse. 

Une fois le feu circonscrit, les messages publics ne parviennent pas à rassurer une population prise de nausée après les fortes odeurs d'hydrocarbures. Les urgences sont débordées. Les personnes âgées et les femmes enceintes ne se sentent pas bien. Le risque sanitaire a-t-il été évalué ? Personne, ou peu, croient alors les paroles des autorités... que France Bleu Normandie continue à diffuser, au même titre que la perplexité des auditeurs, le scepticisme des écologistes,  et les critiques des associations qui fusent de toutes parts. 

Le principe d'une antenne ouverte ne s'opère pas sans filtre. C'est le contraire d'un facebook live où tout et son contraire peuvent se dire. Le principe d'une antenne ouverte, c'est le respect d'un pluralisme qui nécessite toujours d'être contextualisé. La réalité se compose de vérités partielles qui se recueillent auprès de sources différentes. Le temps de l'enquête, la connaissance du terrain et des milieux, la confiance d'une information fiable et vérifiée crée un lien précieux avec les auditeurs qui s'est entendu toute la semaine sur l'antenne de France Bleu Normandie. 

Un lien indéfectible qui dans des périodes confuses comme celle traversée depuis l'incendie donne tout son sens à l'expression d'une information au service du public. 

Ce profession Reporter avec Coralie Moreau est à réécouter en podcast et téléchargement. 

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