Le travail d'Olivier Sarbil à Mossoul a été doublement récompensé au Prix Bayeux Calvados des correspondants de guerre. Prix TV grand format et prix de l'image.

Le cinéaste et  reporter de guerre Olivier Sarbil le 7 octobre  2017 au Prix Bayeux-Calvados.
Le cinéaste et reporter de guerre Olivier Sarbil le 7 octobre 2017 au Prix Bayeux-Calvados. © AFP / CHARLY TRIBALLEAU

Mossoul. Une équipe des forces spéciales irakiennes suivie au quotidien par Olivier Sarbil pendant six mois. Olivier ne parle pas l'arabe, il n'a pas de fixeur, pas de traducteurs, le jeune lieutenant de 26 ans qui parle anglais n'a pas le temps disponible pour jouer les interprètes. Le blindé avance sur Mossoul. Olivier, seul, avec sa caméra, se fait oublier. Il devient une caisse d'enregistrement des évènements. Son film qui porte sobrement le nom de Mossoul nous entraine dans une plongée en apnée. Le téléspectateur avance sur les sentiers rocailleux derrière Olivier. Nous plaçant au cœur du conflit, le reportage se dispense d'une voix off qui jouent souvent le rôle d'un filtre protecteur. Cette zone tampon n'existe plus. Le confort est ailleurs. C'est un film nerveux sur les tensions que génère la guerre. Être à vif, risquer la mort et la sentir. D'ailleurs aujourd'hui, quelques uns de ces jeunes soldats ont été tués.

Olivier travaille avec les médias anglo saxons. Journaliste free-lance, il lui était impossible d’atterrir à Erbil, de tourner des images et de revenir avec des images à vendre. Un contrat est signé avec la chaine américaine PBS. Un film de 55 minutes. Une version plus courte est proposée à Channel 4. C'est ce reportage qui est primé à Bayeux.

Travailler une forme longue sans connaitre le temps que prendra cette bataille. Suivre ces jeunes soldats irakiens, des jours, des semaines peut être des mois. Éprouver la solitude. Personne ne parle français et pour calmer les angoisses d'un paysage de guerre, Olivier doit se débrouiller seul. Ses angoisses s’exorcisent par le viseur de la caméra. Diffusé en avant première jeudi soir à Bayeux devant un millier de personnes, le film a plongé la salle dans un état de sidération et le reporter lui même a peiné à en parler sur scène après la projection. La langue d'Oliver, c'est la caméra, à condition qu'il la tienne. Quand il parle de son expérience dans un micro, les mots se télescopent. Olivier doute de leur portée, tout devient banal dans une phrase quand ce qu'il a vécu ne l'est pas. il faudra du temps dit-il pour retrouver un équilibre.

Oliver Sarbil très heureux de voir son travail récompensé à Bayeux, heureux des rencontres que le festival propose avec le public et les autres journalistes. Car au delà d'une cérémonie de remise des prix, ce rendez vous annuel pose les questions d'un genre rendu difficile par le décuplement de la violence sur le terrain d'une part et le manque de moyens des rédactions de l'autre. Le Prix Bayeux est un lieu unique pour observer l'évolution d'une profession et la questionner à travers les films, les sons et les photos qu'elle rapporte ici tous les automne.

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