Épineuse question. Mélina Boughedir 28 ans, femme d'un ex-djihadiste, a été condamnée à Bagdad à une peine de prison à perpétuité, accusée de terrorisme. Elle dit "avoir été forcée de suivre son mari" et "être opposée aux thèses de l’État Islamique". Sophie Parmentier l'a rencontrée dans sa prison irakienne.

Mélina Boughedir, dans la prison pour femmes de Bagdad, où elle est incarcérée avec sa fille de deux ans
Mélina Boughedir, dans la prison pour femmes de Bagdad, où elle est incarcérée avec sa fille de deux ans © Salam Salman / Exclu France Inter / Toute reproduction interdite

Melina Boughedir est le symbole d'un imbroglio diplomatique, sécuritaire et juridique que représente le sort des familles des ex-djihadistes français capturées dans la zone irako-syrienne. 

Interpellée avec ses quatre enfants mineurs – dont trois ont été rapatriés en France –, Melina Boughedir avait été condamnée à sept mois de prison pour entrée illégale sur le territoire irakien, le 19 février. Aucune accusation pour terrorisme n’avait été retenue par le juge d’instruction.

Mais en Irak, l'appel est obligatoire et le Conseil suprême des juges en a profité pour requalifier les charges pensant contre la jeune femme française : "appartenance à l'organisation État Islamique". En juin dernier, au cours d'un procès qui a duré à peine une heure, son enfant de 16 mois dans les bras, Melina Boughedir a clamé son innocence, martelant que son mari l'avait  "menacée", "forcée à le suivre à Mossoul" et qu'"en aucun cas, elle adhérait aux thèses de Daech." Les juges irakiens ne l'ont pas crue.

Ses avocats et la Fédération Internationale des droits de l'homme se demandent "où est passée la présomption d'innocence". Ils réclament l'extradition de Melina Boughedir pour qu'elle purge sa peine en France. 

Sophie Parmentier, journaliste du service Police Justice de France Inter, très au fait des dossiers judiciaires pour terrorisme, avait suivi le procès en juin dernier. Elle a voulu retourner en Irak pour s'entretenir avec Melina Boughedir incarcérée dans la prison des femmes de Bagdad. L'entretien n'a pu se faire en Français, les geôliers voulaient comprendre ce qu'elle disait. C'est donc en langue arabe que l'interview s'est déroulée. Melina Boughedir continue de clamer son innocence. Victime ou complice ? La question reste posée, même si la justice Irakienne a tranché. 

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