Certainement une des zones les plus dangereuses de la planète aujourd'hui, le Yémen se ferme aux reporters. Il est très difficile de relater ce qui se joue à l'intérieur du pays. Quelques journalistes parviennent à se rendre à Aden dans le sud. C'était le cas cette semaine de Georges Malbrunot grand reporter au Figaro.

Pour l'indépendance du Yémen du Sud
Pour l'indépendance du Yémen du Sud © Radio France / Omar Ouahmanne

Une guerre qui depuis quatre ans et dont on parle peu. Non par désintérêt mais simplement parce qu'il est difficile pour les journalistes d'accéder au pays et à la ligne de front. Les quelques reporters qui ont pu travailler sur place sont arrivés par Aden et ont peiné à monter plus au nord. Les belligérants ne veulent pas que les représentants de la communauté internationale rallient la capitale Sannaa. Tout est fait pour empêcher les journalistes étrangers d'entrer. Tout est fait pour réprimer les locaux qui essaieraient de relater ce qui se joue au quotidien au Yémen

Le Yémen, entre Arabie Saoudite et Oman, sur les rives de la mer d'Oman et de la mer Rouge, avec Djibouti, la Somalie et l’Érythrée de l'autre coté à l'Ouest, est ravagé par la guerre depuis 2014.  D'un coté, les forces loyales du président Hadi soutenues par les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France, de l'autre les Houthistes, des rebelles chiites venus du nord appuyés par l'Iran.  Ces rebelles avaient le sentiment d'être non considérés, tenus à l'écart, alors ils ont pris le pouvoir en septembre 2014. Le gouvernement chassé de Sannaa a reçu le soutien d'une coalition militaire arabe composée des Saoudiens et des Emirats, appuyés par les occidentaux.  Dans ses conditions, les troupes du gouvernement se sont réfugiés à Aden.  Mais aucune structure étatique ne fonctionne, il n'y a pas de police, mais des milices armées guidées par des guerres, des clans qui se forment au gré des régions. 

Les villes tombent dans un état de délabrement.  Aden n'est pas épargnée. Et dire qu'il y a soixante ans, c'était le deuxième port du monde en volume de trafic derrière New York. Aujourd'hui les grands bâtiments du centre sont éventrés. Quand les Houthistes ont été défaits à Aden, les Jihadistes d'Al-Qaeda en ont profité pour s'immiscer dans quelques quartiers. Les gangs criminels de Daech ont attaqué la Croix Rouge. Il règne une grande confusion. On ne sait plus qui est derrière qui. Et le pays souffre d'un manque de tout. Catastrophe humanitaire, crise politique majeure, le Yémen, en comparaison, fait passer l'Irak et la Syrie pour des havres de paix écrit Georges Malbrunot dans son article "Plongée dans le chaos d'une guerre oubliée". 25 millions d'habitants aujourd'hui coupés du monde.  2 millions d'enfants qui souffrent de malnutrition.

Georges Malbrunot, grand reporter du Figaro s'entretient avec Eric Valmir, chef du service reportage de France Inter.

Cet entretien dans sa version longue est à réécouter en longueur dans sa version audio (podcast) et en format court avec images sur la vidéo. 

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