Pour 91% des Français, le journalisme est "utile" quand il garantit une information fiable. Le baromètre sur les attentes des Français à l'égard des médias publié vendredi va à l'encontre des idées reçues sur la défiance. Mais deux tiers des personnes interrogées pensent que les journalistes disent tous la même chose.

Couverture d'une manifestation Gilets Jaunes
Couverture d'une manifestation Gilets Jaunes © Radio France / Benjamin Illy

91 % des Français considèrent le journalisme comme un métier "utile". En dépit d'une crise de défiance qui s'est formalisée en marge du mouvement des "gilets jaunes", le baromètre sur l'attente des citoyens envers les médias, publié vendredi soir, reste stable. Cette mesure commandée par Radio France, France Télévisions, le Journal du Dimanche et France Médias Monde, réalisée auprès d'un échantillon de 1 005 personnes, a pour vocation d'alimenter les débats des Assises du journalisme à Tours. 

Car si, à 82%, le journalisme est indispensable dans une société démocratique, et qu'il est garant d'une information vérifiée et fiable -une des premières attentes des personnes interrogées - en revanche, un certain nombre de critiques émerge : pour 63%, les médias disent tous la même chose ou presque... Les médias privilégient les informations sensationnelles ou la violence (77%)... Ils ne donnent pas la parole à tous de manière équitable (72%)... Leur contenu est influencé par les actionnaires (70%)... Les journalistes sont trop proches du pouvoir et des élites politiques et économiques (64%). 

Mais dans ces perceptions figurent des lignes de fractures. Si deux tiers des Français semblent penser que les médias disent tous la même chose ou presque, cette part grandit à 68% chez les employés et les ouvriers alors que chez les cadres, 46% estiment qu'ils bénéficient d'une proposition éditoriale très diversifiée.

Enfin, fait important, la responsabilité des politiques dans le rejet des médias est soulignée par 72% des personnes interrogées qui pensent même que certains discours ont induit les phénomènes de violence observés à l'égard des journalistes. 

En définitive, le baromètre souligne la nécessité pour les journalistes de s'investir dans la lutte contre les fausses informations et d'établir des corps intermédiaires entre la profession et le public. Des médiations ou des conseils de presse. Ou encore des échanges directs autour des pratiques éditoriales. Ce que Radio France a initié depuis plusieurs semaines. Aller à la rencontre des publics partout en France. Nous serons à Tours vendredi à 18h15. Et à Lille le 22 mars à 13h30. 

Dans Profession Reporter, à réécouter en podcast, une conversation avec Jérôme Bouvier, président des Assises du Journalisme autour des résultats de ce baromètre. 

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