"J'ai de la chance, je suis vieux". C'est par ces mots que Franck Ballanger, reporter envoyé à Berlin se souvient du mur. Pour les néo quinquagénaires, se souvenir de la chute du mur, c'est se revoir à 20 ans, et au delà du fait historique, repenser tout ce que cet évènement a induit dans les parcours individuels

La Porte de Brandebourg, 30 ans après la chute du mur de Berlin
La Porte de Brandebourg, 30 ans après la chute du mur de Berlin © Radio France / eric valmir

Contrairement à ce que chantait Téléphone, le mur de Berlin a bien eu une fin, sept ans après la sortie de Dure Limite. Mais ce changement radical dans la vie de celles et ceux qui vivaient à l'Est n'a pas été vécu avec la même ferveur qu'à l'Ouest. Trente ans après, Franck Ballanger, reporter de la rédaction internationale de Radio France , s'est attaché à dresser des portraits d'Allemands en marge des commémorations. Franck a notamment rencontré un couple à quelques kilomètres de la frontière tchèque qui vit dans la nostalgie du mur

Commémorer ou pas les 30 ans de la chute du mur? Il y a encore quelques mois, les Berlinois n'y songeaient pas plus que ça. Ils ont fait les 20 ans, les 25 ans, et même si l'évènement est à jamais un pan de l'histoire important, il reste peu de vestiges du mur (excepté la trace du mémorial) et un check-point Charly qui ressemble plus à une attraction pour tourisme de masse. Les Berlinois sans renier le passé, et surtout la mémoire de leur ville, manifestent surtout l'envie de se tourner vers l'avenir et d'écrire d'autres pages. Mais à l'extérieur de Berlin, dans le reste de l'Allemagne et en Europe, le sentiment est tout autre. On doit penser une cérémonie prestigieuse en souvenir de 1989 et ce qui l'a précédé. 

30 heures de direct sur les antennes de Radio France, de France Inter à franceinfo en passant par France Musique, -superbe Gautier Capuçon qui sur les traces de Rostropovitch, vient jouer au pied du Mirador- tout a été dit dans nos émissions sur les conséquences pour l'Allemagne et l'Europe et sur les autres murs à travers le monde.

Parmi les nombreux journalistes dépêchés pour couvrir l'évènement, quelques minutes avec Franck Ballanger

Car à travers une couverture éditorialisée par la formule des portraits, Franck, entre les lignes, parle aussi de lui. De ses vingt ans. De nos vingt ans. Commencer l'interview en affirmant qu'il a la chance d'être vieux, -mais est-on vieux à 50 ans :-)  tout dépend de quel coté du mur de la vie on se trouve -, commencer ainsi la discussion signifie qu'avoir été témoin de la chute du mur à l'âge de vingt ans, l'âge de tous les possibles, était une aubaine pour les parcours individuels,  et cette dimension dépasse le fait historique. Des barrières tombaient et le monde s'ouvrait à une génération.  

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