C'est une paix, certes précaire, qui régnait depuis quelques mois à Bagdad. Mais depuis la mort de Souleimani, la situation sécuritaire s'est nettement dégradée dans la capitale irakienne. Les habitants s'inquiètent et la zone verte qui abrite l'ambassade américaine vit sous la menace d'attaques. Récit d'Omar Ouahmane

les graffitis du Square Tahrir à Bagdad
les graffitis du Square Tahrir à Bagdad © Radio France / gilles gallinaro

"Non à l'Amérique, non à l'Iran." Des milliers d'Irakiens ont manifesté dans les rues de Bagdad pour protester contre l'ingérence étrangère, quelle qu'elle soit. Ces rassemblements de vendredi dernier boucle une semaine de tensions : bombardements américains contre les factions pro-iraniennes en Irak, attaque de drone qui a tué le général Quassem Soleimani, tirs de missile depuis Téhéran vers des positions américaines en Irak, menaces sur la zone verte qui abrite l'ambassade des Etats-Unis au cœur de la capitale, des familles entières qui fuient vers le nord redoutant une escalade la violence et la reprise d'un conflit. Les Irakiens ne veulent pas que leur territoire devienne le théâtre d'une guerre opposant les Américains aux Iraniens. Et ils dénoncent aussi la main mise de Washington et Téhéran sur l'organisation politique de leur propre pays. La corruption généralisée et les milices chiites pro-iraniennes intégrées à l'armée irakienne. 

Cette confusion fait que la situation sécuritaire s'est nettement dégradée ces derniers jours à Bagdad. Le sentiment anti-américain est amplifié dans les rues et la profession reporter rendue compliquée pour les journalistes occidentaux. Les envoyés spéciaux de la rédaction internationale de Radio France, Omar Ouahmane et Gilles Gallinaro, qui connaissent bien les faubourgs de Bagdad ont trouvé sur place un terrain changé et une atmosphère plus tendue. 

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