Pas de dégagisme en Israël. Les élections ont conforté Benjamin Netanyahou en dépit d'un parti nouveau venu en politique porté par les anciens chefs de l'état major de Tsahal. La paix et le social ont disparu des thèmes de campagnes, les travaillistes sont laminés. Valérie Crova évoque une société fracturée.

Appelé en renfort d'Etienne Monin, le correspondant de Radio France à Jérusalem, pour couvrir les élections en Israël, Valérie Crova, grand reporter de la rédaction internationale, est tombée sur une société fracturée. 

Les fondateurs de l’État Hébreu, les travaillistes, enregistrent le score le plus faible de leur histoire. La paix et le social ont été les grands absents de la campagne.

Bleu Blanc, le parti des anciens de l'état major de Tsahal, incarné par Benny Gantz, porté par une partie de l'opinion, incarnait la modernité face au vieux Likoud. Mais le dégagisme dont on parle tant en Europe n'a pas gagné Israël. 

Benjamin Netanyahou a, comme à l'accoutumée, basé son discours sur la sécurité et la fierté d'être israélien. Dans sa campagne, le chef du Likoud a promis d'annexer les colonies situées en territoire palestinien. Ce plan scellerait le sort d'un État Palestinien coexistant avec Israël. C'est une droite anti-palestinienne qui a gagné, déplore l'OLP. L'autorité palestinienne ne parle plus avec Washington et Netanyahou. 

Dans ses reportages, Valérie Crova exprime la fracture de la société israélienne. Jérusalem a voté pour la droite et les partis religieux, les faubourgs sud ont porté le Likoud. Tel-Aviv est une bulle libérale et centriste, ancien fief de gauche, une gauche laminée. Si la gauche s’écroule, l’ultradroite ne progresse pas. Elle est même  devancée par les formations religieuses. La Nouvelle Droite, dirigée par  Naftali Bennett et Ayelet Shaked, n'aura pas d'élus à la Knesset.  Le  Meretz, le parti des colombes, va avoir au Parlement une représentation  réduite à la portion congrue. 

La sécurité et la fierté. Le Likoud obtient son meilleur score depuis seize ans en dépit des affaires de corruption qui frappent Benjamin Netanyahou. Le début du cinquième mandat est jalonné de rendez vous judiciaires : cadeaux offerts par des milliardaires, conflits d'intérêts, faveurs accordées dans le domaine des télécommunications. Des soubresauts qui devraient élargir la fracture qui divise la société israélienne. On en parle avec Valerie Crova. Entretien à réécouter en podcast.

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