En Syrie, le sort d'Alep et de Raqqa ont occupé le devant de la scène médiatique. Il était difficile de parler de la Ghouta orientale, une enclave interdite d'accès aux journalistes et aux humanitaires. Ce territoire a subi des années les bombardements de Damas. On en parle avec Mohammad Alolaywi

 Le 8 avril : Les soldats de l'armée syrienne avancent dans des terres agricoles dans la banlieue est de la Douma, alors qu'ils continuent leur offensive féroce pour reprendre le dernier parti de l'opposition dans la Ghouta orientale
Le 8 avril : Les soldats de l'armée syrienne avancent dans des terres agricoles dans la banlieue est de la Douma, alors qu'ils continuent leur offensive féroce pour reprendre le dernier parti de l'opposition dans la Ghouta orientale © AFP / STRINGER

Ce n'est pas l'armée de Bachar Al Assad qui reçu l'acte de reddition des groupes rebelles à Duma, mais les soldats russes. Le groupe salafiste pro-saoudien qui tenait la ville a déposé les armes après les bombardements présumés chimiques qui ont frappé les populations civiles le week-end dernier. Qu'importe aujourd'hui les décisions de la communauté internationale, il est déjà trop tard pour la Ghouta orientale. Le niveau de souffrance enduré pendant six ans a dépassé l'entendement. 

Dans cette enclave, personne n'entre et ne sort. Cette réalité complique d'ailleurs le travail d'enquête pour prélever des éléments pouvant confirmer l'utilisation d'arme chimique par l'armée de Bachar Al Assad. Cette région, traditionnellement hostile au régime des Assad, outre les bombardements réguliers, subit un blocus depuis le début de la crise syrienne. Conséquence, Duma et ses faubourgs manquent de vivres et de médicaments, et les tunnels qui favorisaient les déplacements dans la Ghouta ont tous été détruits. 

Il n'y a pas d'exception pour les journalistes. Tout comme le Sinaï dont nous parlions il y a deux semaines, aucun reporter n'a pu se rendre sur zone. La règle vaut aussi pour les humanitaires. Ceux qui renseignent les faits tels qu'ils s'y déroulent sont les habitants de la Ghouta. Des habitants qui ont grossi les bastions des ONG pour organiser collecte et redistribution de nourriture. Les enfants et les personnes âgées, populations les plus vulnérables, meurent de faim. Il faut évacuer aussi les blessés pour les conduire dans un centre de soin. Il faut dégager les cadavres dans les gravats. La Ghouta vit un quotidien d'Apocalypse et les humanitaires de l'ONG Syria Charity ont beau sensibiliser l'opinion , c'est comme si le monde s'en désintéressait. La mort ou l'exil était le choix qui leur était proposé. Les groupes rebelles qui défendaient la zone contre l'oppression se sont rendus. Plutôt se soumettre à Damas que continuer à vivre un tel enfer. 

Un humanitaire qui devient reporter avec tous les écueils que cela comporte,  Mohammad Alolaywi de Syria Charity répond à Eric Valmir, chef du service reportage de France Inter. 

Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.