A première vue, la couverture journalistique d'une catastrophe naturelle suit des lignes éditoriales génériques : la mort et le dénuement, les risques sous évalués et la polémique, les épidémies, la psychose et la reconstruction. Et pourtant, chaque histoire est différente. Depuis les Bahamas, Thibault Lefevre

Le quartier du Mudd dévasté
Le quartier du Mudd dévasté © Radio France / Thibault Lefevre

Rien n'est plus difficile que le préjugé facile. Et la profession reporter n'échappe pas à la règle. On peut penser que couvrir les ravages laissés par une catastrophe naturelle est facile parce que l'horreur s'étale dans sa nudité devant les caméras et les micros. C'est tout le contraire. Aucune situation ne ressemble à une autre, même si les journalistes retrouvent un terreau familier : la dévastation, la mort, les autorités sous accusation, la psychose de nouveaux coups de vent et la vie qui reprend dans les gravats avec les prémisses de la reconstruction. 

Et pourtant, aucune histoire n'est identique. Abaco aux Bahamas, c'est une autre réalité que Saint Martin. Aucune île ne ressemble à une autre et on aurait tort depuis la métropole de porter un regard distancié et fataliste sur la saison des cyclones. 

La difficulté des reporters aux Bahamas est de trouver le juste équilibre. Raconter la dévastation et la mort avec humanité mais sans ajouter de l'horreur à l'horreur, ne pas céder à l'émotion facile et profiter d'un drame pour rapporter les conditions de vie d'un territoire. Et pour autant, bien signifier à quel point vie s'est retirée d'une île devenue un noman's land. Par exemple à Marsh Harbour, dans le quartier populaire du Mudd où vivaient les Haïtiens, réfugiés du séisme qui avaient frappé leurs terres en 2010. Beaucoup sont morts, piégés par les bidonvilles dans lesquels ils s'étaient entassés.  Et tous les corps n'ont pas encore été retrouvés. Le reportage de Thibault Lefevre et Gilles Gallinaro sur l'île d'Abaco, la plus touchée de l'archipel. 

Dorian qui a soufflé à plus de 300 kilomètres heures laissera un bilan très lourd. Les sans abris et survivants se sont précipités à Nassau où la vie essaie de reprendre le dessus. Les organisations humanitaires affectés par les problèmes de mobilité, véhicules hors d'usage et routes coupées s'organisent avec l'armée. 

Entretien avec Thibault Lefevre depuis l'île d'Abaco aux Bahamas

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