Réaliser des reportages sur un virus dont on sait pas grand chose dans une ville aux rues quasi désertes est évidemment une mission compliquée. Dominique André, correspondante de Radio France en Chine évoque avec justesse et mesure, sans céder à la psychose et nier la gravité des faits, le quotidien à Pékin

L'usine Renault à Wuhan (Chine).Vue générale d'un atelier de pièces détachées avant la propagation du virus dans la province.
L'usine Renault à Wuhan (Chine).Vue générale d'un atelier de pièces détachées avant la propagation du virus dans la province. © Radio France / Guillaume Gaven

Les écoles sont fermées. Les restaurants sont fermés. Les usines sont fermées, et les grands bassins industriels, comme les firmes de constructeurs automobiles ne peuvent pas ouvrir du jour au lendemain car leurs fournisseurs ne travaillent pas, non plus. Une économie à l'arrêt. Les PME souffrent, les entreprises de service meurent. Et les grandes sociétés ne vont pas pouvoir payer indéfiniment des salariés en chômage technique. 

Pékin, ville de vingt un millions d'habitants, ne connait plus le bouillonnement qui est le sien en temps ordinaire. Le Coronavirus incite au cloisonnement. Dans le quotidien, l'enfer c'est les autres, on se méfie du voisin. Une application sur smartphone, opérationnelle sur deux cent villes, serait même en mesure de géolocaliser les habitations contaminées. L'information est un enjeu majeur dans ce pays où la liberté d'expression est bridée. Le médecin qui avait donné l'alerte à Wuhan et que les autorités avaient dénigré est mort la semaine dernière. La disparition de Li Wenliang a provoqué une réaction populaire où la colère, la tristesse et l'indignation ont obligé les pouvoirs publics à une transparence qui n'est pas habituelle. Mais au delà des dimensions socio-sanitaires, le Coronavirus est aussi un enjeu politique. Cette crise est un danger pour le régime. Le Parti Communiste pourrait être une victime du virus. 

Ce quotidien à Pékin, Dominique André, correspondante de Radio France en Chine l'évoque avec Eric Valmir. Sa vie personnelle de journaliste, les difficultés professionnelles. Comment traiter d'un sujet quand les gens ne veulent pas se rencontrer, quand les informations peinent à être vérifiées ? Comment naviguer entre les canaux officiels et les lanceurs d'alerte ? Une conversation à réécouter en téléchargement

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