En 2014, le mouvement Balai Citoyen s'opposait à Blaise Compaoré et faisait du Burkina Fasso le symbole africain d'une société civile en éveil. 5 ans après, le pays est la cible d'attaques djihadistes, principalement dans ses campagnes, et la société s'en trouve fragilisée. Claude Guibal revient de Ouagadougou.

Les populations rurales s'organisent en en groupes d'autodéfense pour assurer la sécurité face aux attaques
Les populations rurales s'organisent en en groupes d'autodéfense pour assurer la sécurité face aux attaques © Radio France / Claude Guibal

Une centaine de personnes tuée au Burkina Faso ces deux derniers mois. Et une trentaine cette semaine. Dimanche dernier, des hommes armés ont attaqué le district  d’Arbinda, faisant plusieurs entre  15 heures et 17 heures. 19 corps ont été retrouvés. Le lendemain, 10 autres à Namentenga.

Le djihadisme se propage en Afrique de l’Ouest. Principalement, trois organisations : Boko Haram, l’Organisation État  Islamique au Grand Sahara et le Groupe de Soutien à l’islam et aux  musulmans, affilié à Al-Qaïda au Maghreb Islamique. Autour de ces  organisations principales, gravite une centaine de groupuscules terroristes qui profitent de la porosité des frontières pour passer d'un territoire à l'autre. Et les pays frontaliers du Burkina Faso sont, au Nord, le Mali et le Niger,  gangrénés par une activité terroriste dans les régions éloignées de leurs capitales respectives. 

C'est le schéma qui lentement se met en place au Burkina loin de Ouagadougou. Dans les régions où l’État n'a pas les moyens d'assurer une présence, des régions pauvres en infrastructures et guère en capacité d'assurer la sécurité des populations, les groupes djihadistes en profitent pour enrôler les plus jeunes et mener des offensives meurtrières. Pillages et tueries. 

5 ans après l'expression de Balai Citoyen qui donnait un autre visage du continent noir, alors que la jeune société burkinabé s'est doté d'une solide conscience politique, ses fondements qui ont développé un "vivre ensemble" naturel entre chrétiens et musulmans vacillent aujourd'hui. C'est le but cherché par les groupes terroristes. Le pays commence à se fracturer.

Claude Guibal qui vient de passer plusieurs jours à Ouagadougou; et dont on a pu entendre le reportage sur Inter cette semaine, évoque aujourd'hui dans Profession Reporter ce Burkina aujourd'hui sous tension.

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