Le journalisme collaboratif concerne désormais les reporters de terrain. Il n'est pas seulement une clé pour le travail d'investigation. Forbidden Stories reprend le travail des journalistes assassinés pour lui donner l'ampleur qui gênait les commanditaires du meurtre. France Inter s'associe à cette opération.

 Manifestation pour la défense de la presse au Mexique en mai 2017 après l'assassinat du journaliste Javier Valdez
Manifestation pour la défense de la presse au Mexique en mai 2017 après l'assassinat du journaliste Javier Valdez © AFP / Julio Cesar Agular

Dans une vidéo posté sur Facebook, Cecilio Pineda, journaliste mexicain, prétend -images à la clé- que le député de l'Etat de Guerrero entretient des liens avec le crime organisé. Pire, il serait un chef de clan.  Deux heures après la publication de son film sur les réseaux sociaux, Cecilio Pineda est assassiné. 

Pour une affaire similaire, Javier Valdez, autre journaliste a été criblé de balles. Au total, cette année au Mexique, 11 reporters ont été tués. C'est plus qu'en Syrie, c'est plus qu'en Irak. 

_Forbidden Storie_s, (Histoires interdites) reprend le travail laissé en jachères. Ce travail qui a déplu au point de commanditer un assassinat. Partout dans le monde en dix ans, 700 journalistes sont morts dans l'exercice de leurs fonctions. Forbidden Stories cherche donc à poursuivre les enquêtes engagées, recouper et vérifier ce qui a été dit et fait, et le rediffuser à une échelle encore plus grande. D'autant que cette initiative reçoit le soutien logistique du Consortium International des journalistes d'investigation qui regroupe 96 médias. France Inter est associée à cette opération. 

L'Europe n'est pas à l'abri. La mort de Daphne Caruana sur l'île de Malte, tuée par l'explosion d'une bombe posée sous sa voiture a ému l'opinion publique. Sur son blog, elle dénonçait les ramifications mafieuses. 

Forbidden Stories propose donc aux journalistes du monde entier qui se sentent menacés de mettre leurs informations à l'abri. Sauvegarder les données sensibles et délivrer des instructions en cas de disparitions ou de meurtres. Évidemment, la transmission de cette matière est sécurisée grâce à un cryptage mis en place par Edward Snowden. L'anonymat des échanges est garanti. 

Le journaliste Laurent Richard, concepteur de cette plateforme, explique le lancement et le fonctionnement de Forbidden Stories à Eric Valmir. France Inter accompagnera le dispositif à chaque fois qu'une vidéo sera publié. Ce projet n'aurait jamais vu le jour sans le financement de Reporters Sans Frontières

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