A Baghouz, le dernier assaut n'en finit pas de durer. Cette semaine 3000 djihadistes sont sortis de l'enclave et les combats continuent. Matthieu Mondoloni rentre de Syrie. Il a été marqué par ces gamins, esclaves de Daech, la plupart orphelins, qui sortent libres avec une enfance, jusque là confisquée, à vivre.

Recouvrer la liberté après avoir vu ses parents tués par l'EI
Recouvrer la liberté après avoir vu ses parents tués par l'EI © Radio France / Eric Audra

De son reportage à Baghouz, Matthieu Mondoloni, grand reporter à franceinfo gardera les images de ces kilomètres de routes dévastés depuis la frontière irakienne. Les maisons détruites, les graffitis de l'organisation État Islamique encore présents sur les murs, les femmes entièrement voilées dans les villages libérés, le traumatisme subis par les corps, la violence meurtrière ont laissé des plaies psychologiques que le temps ne guérira pas forcément. 

De son reportage à Baghouz, Matthieu Mondoloni gardera l'image de Kinan. Ce garçon de dix ans qu'il a interviewé et qui lui rappelait son fils qui a le même âge. Sauf que Kinan est né en Syrie, qu'il a a vécu la moitié de son existence, soit 5 ans, dans les geôles de Daech, que son père a été tué sous ses yeux, que sa mère est morte sous les bombes, et qu'il a été vendu à un oncle. Kinan libre, c'est un petit garçon qui a mis un costume trop grand pour l'occasion et qui répond aux questions de Mathieu. 

Couvrir une guerre ou un assaut final, ce n'est pas seulement le bruit des bombes ou le témoignage des victimes, c'est le souci permanent pour le reporter de rendre compte et mettre en perspective quand le terrain médiatique est la proie des opérations de communication des belligérants. Plus que jamais, dans un contexte sécuritaire sensible, est nécessaire la vérification du fait ou du communiqué ou même de ce qui résulte d'une conversation informelle avec un combattant. 

Et puis ne jamais oublier de se poser des questions. Un mois que l'on dit que le dernier assaut sera donné et que les derniers terroristes de l’État Islamique vont tomber. Trois mille sont sortis de l'enclave cette semaine, trois mille et ce n'est pas fini, les combats continuent. Le dernier assaut n'en finit pas de durer.

Profession Reporter : conversation entre Matthieu Mondoloni qui rentre de Syrie et Eric Valmir. A réécouter en téléchargement

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