On parle beaucoup de la Syrie et du Yémen difficilement accessibles pour des raisons de sécurité. On parle moins de l’Afghanistan redevenu un terrain dangereux. Les attentats y sont fréquents, la population s'est habituée à vivre dans la peur. Valérie Crova de retour de Kaboul évoque une ville profondément transformée.

Fresque murale du collectif de graffeurs afghans Art Lords. Les tulipes illustrent le nombre de morts dans des attentats.
Fresque murale du collectif de graffeurs afghans Art Lords. Les tulipes illustrent le nombre de morts dans des attentats. © Radio France / Valérie Crova

Les premières lueurs du printemps 2018 en Afghanistan. Shah Marai se précipite sur le lieu d'un attentat meurtrier. Ce chef photographe de l'AFP à Kaboul est emporté par une deuxième explosion survenue trente minutes après la première et qui visait explicitement les secours et les journalistes.  Ce double attentat revendiqué par les talibans  a fait 37 morts et 49 blessés, dont 9 reporters des télévisions afghans. Shah Marai fait partie des victimes. 

Il y a mois de deux mois, dans un climat de campagne électorale, quatre personnes, dont un journaliste et un enfant sont tuées dans  l'explosion d'une bombe à l'entrée d'un bureau de campagne du président  Ashraf Ghani à Kandahar, dans le sud de l'Afghanistan.

Le mois dernier, c'est un lieu de  culte du village de Jaw Dara, dans le district d'Haska Mina (province de  Nangarhar) qui est ciblé. Il est rare que les mosquées soient attaquées. L'explosion de la bombe a provoqué l'effondrement du toit. Plus de soixante morts.   

La guerre est finie mais la paix imparfaite comme l'est le processus démocratique des élections. La corruption a miné la séquence Karzai et les attentats sont revenus plus violents qu'auparavant. La population vit désormais avec la peur, à moins que ce ne soit le fatalisme. C'est ce climat que nous dépeint Valérie Crova, grand reporter de la rédaction internationale de retour de Kaboul. Sous apparence, le quotidien est normal, mais chacun en sortant de chez soi, le matin ne sait pas s'il rentrera le soir ou si un proche ne sera pas tué. 

En réponse, des murs de béton anti attentat ont été érigés pour protéger les lieux publics, l'armée afghane quadrille les centres urbains et les Talibans sont maintenus à l'écart. Ils vivent dans des zones rurales dépeuplées et ne parviennent pas à reprendre des positions. En revanche, avec les miliciens de l'Organisation Islamique, ils revendiquent régulièrement les attentats dans la capitale. 

Et pendant ce temps, l'exode des Afghans vers le nord continue. 

Profession Reporter avec Valérie Crova. 

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