On dit d'une île qu'elle le bout du monde, ou perdue au milieu des eaux. On ne pense jamais à la métaphore de l'impasse. C'est pourtant ce qu'elle est devenue pour des milliers de migrants qui affluent et se retrouvent bloqués dans des conditions désastreuses. Delphine Evenou, France Inter Reporter, rentre de Lesbos

Des Afghans dans la jungle de Lesbos construisent leur abri
Des Afghans dans la jungle de Lesbos construisent leur abri © Radio France / Delphine Evenou

Ce ne sont pas les conditions sanitaires sans qualificatifs possible, -si ce n'est qu'on ne peut pas parler de conditions sanitaires- qui ont frappé Delphine Evenou à Lesbos. C'est le désespoir. Ce désespoir qui contamine celles et ceux qui l'approchent. Les reporters ne sont pas vaccinés contre ces détresses psychologiques qui se diffusent par les regards et la parole. Des enfants tentent de se suicider et le psychiatre de Médecins sans Frontières n'a jamais eu autant de travail. 

Il y a encore trois ans l'île de Lesbos était organisée pour accueillir les migrants. On se souvient de ces reportages avec les volontaires espagnols. Lesbos, ce n'est pas Lampedusa. La superficie est plus importante, la taille d'une ville avec des infrastructures organisées. Mais depuis que la Turquie a passé son pacte avec l'Union Européenne, tout est à l'arrêt et les migrants s'entassent dans le camp de Moria saturé. Conséquence, c'est une jungle qui s'organise autour, comme le révèle le diaporeportage de Delphine Evenou, grand reporter à France Inter. 

Aucune perspective d'avenir, la solution du demi tour inenvisageable, c'est une situation de blocage qui prévaut. Les traumatismes passés se réveillent et se combinent avec la prise de conscience d'un No Future. Les ONG alertent... dans le vide. Du coté des médecins, il y a l'inconnu du lendemain. Que peut générer cette détresse qui vire à la rage ? Rien de bon, c'est évident.

Il faut réécouter le récit de Delphine Evenou. Son reportage à Lesbos et ce qu'elle en retient. 

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