Kits de protection et micro perche pour rester à distance des personnes interrogées, les reporters de Radio France sillonnent le pays pour évoquer la réalité d'une France confinée. Les sujets qui font débat et comment dans les différentes région, on appréhende cette situation inédite. Patrick Genthon & Olivier Martocq

Le pasteur Thiebault Geyer à la sortie de La porteouverte Chrétienne le 3 mars 2020
Le pasteur Thiebault Geyer à la sortie de La porteouverte Chrétienne le 3 mars 2020 © Radio France / Patrick Genthon

Bien sur, à Mulhouse, il y a les reportages prenants avec les personnels soignants débordés dans cette région où le foyer épidémique a saturé les infrastructures de santé. Bien sur, il y a ce moment impressionnant où les militaires mettent en place l’hôpital de campagne. Bien sur, il y a le quotidien avec le témoignage des malades, des confinés, de la vie qui se réinvente ou de la mort qui se propage avec la douleur pour partenaire. 

Bien sur à Marseille, il y a ces files d'attentes incroyables devant la Timone, ces Marseillais qui viennent se faire dépister. Bien sur, il y a les polémiques incessantes entre le Professeur Didier Raoult et les autorités sanitaires du pays autour de la fiabilité de l'hydroxichloroquine. Bien sur, il y a ce gros plan sur le savon de Marseille qui n'a jamais été autant mis  en valeur comme rempart contre un virus. Et puis le quotidien, ses contraintes, ses difficultés, ses opérations de solidarité, ses joies -il y en a- et ses peines

Tous ces instants, les correspondants en région les accompagnent. Qu'il s'agisse de Patrick Genthon, reporter en résidence de France Bleu Alsace à Mulhouse ou d'Oliver Martocq à Marseille pour les antennes de Radio France. Et pourtant l'un comme l'autre ont choisi, pour fait marquant de reportage, le début de la crise. 

Ce que retient Patrick Genthon, c'est la soirée où il formalise que sa région va devenir un foyer épidémique. Et pourtant, rien de dramatique à couvrir autour de lui, pas d'urgences débordés ou des gens qui meurent, non, un parking désert sur un hangar qui sert de lieu de rassemblement à une église évangélique. Et une semaine après les célébrations de la communauté alors qu'il interviewe un pasteur sur les six premiers cas déclarés, Patrick se rend compte qu'à partir de ce bâtiment le virus s'est propagé silencieusement dans toute la région et qu'une hécatombe se prépare sans doute. Un moment d'inconnu et d'effroi. C'est ce premier reportage à l’Église évangélique qui va donner lieu à une enquête de la cellule investigation de Radio France. 

A Marseille, c'est aussi le phénomène de basculen en moins grâve, qui marque Olivier Martocq. Le décalage entre le samedi soir où les bars du Prado ne veulent pas fermer à minuit, -on chante, on danse- et le premier matin du confinement qui montre un Vieux Port désert. Depuis, il fait beau et chaud, personne à la plage, personne aux calanques. Le professeur Raoult pense que le virus vit ses derniers instants à Marseille, mais les gens ne sortent pas pour autant. C'est cette prise de conscience qui va à l'encontre des caricatures qui interpelle notre journaliste marseillais

Paroles de reporters dans la France confinée. Ce dimanche, Patrick Genthon à Mulhouse et Olivier Martocq à Marseille avec Eric Valmir

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